Union européenne: Kosovo: Bruxelles remet l'Albanie à sa place
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Union européenneKosovo: Bruxelles remet l'Albanie à sa place

La Commission européenne a invité lundi le 1er ministre albanais Edi Rama à ne pas s'ingérer dans les relations entre la Serbie et le Kosovo, après qu'il eut évoqué sa possible unité avec Pristina.

Edi Rama, premier ministre albanais.

Edi Rama, premier ministre albanais.

Keystone

«Les déclarations qui peuvent être interprétées comme une ingérence dans les affaires de pays voisins sont inutiles», a tranché Catherine Ray, porte-parole de la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Edi Rama s'est rendu dimanche à Pristina, à l'occasion du 10e anniversaire de l'indépendance du Kosovo. Il a évoqué à cette occasion la possibilité de voir un jour son pays et le Kosovo se doter d'«un seul président, en tant que symbole d'unité nationale».

Dialogue à l'arrêt

La prise de position du Premier ministre albanais est jugée provocatrice pour les Serbes, qui accusent régulièrement Tirana de caresser le projet de bâtir une «Grande Albanie».

La Serbie ne reconnaît pas l'indépendance de son ancienne province albanaise du Kosovo. Entamé en 2011, le dialogue de normalisation des relations entre Belgrade et Pristina est à l'arrêt.

«L'UE a toujours soutenu les principes de réconciliation et de coopération régionale dans les Balkans occidentaux», a rappelé la porte-parole de Mme Mogherini. «Le Conseil européen (instance des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE) s'est prononcé pour une intégration des pays des Balkans occidentaux et nous continuerons donc à travailler avec ces pays de manière bilatérale dans cette perspective», a-t-elle ajouté.

Mais «l'Union européenne attend des pays de la région qu'ils établissent des relations constructives et de coopération et qu'ils se concentrent et intensifient leurs propres programmes de réforme pour avancer sur la voie de l'intégration européenne», a averti la porte-parole.

Régler les querelles frontalières

Cinq des 28 membres de l'UE (Espagne, Grèce, Roumanie, Slovaquie et Chypre) n'ont pas reconnu l'indépendance du Kosovo. L'UE a démarré des pourparlers d'adhésion avec la Serbie début 2014 et avec le Monténégro en 2012.

Quatre autres pays des Balkans sont concernés: l'Albanie, l'ancienne République Yougoslave de Macédoine (FYROM), la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo. Mais le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a récemment prévenu les pays des Balkans qu'ils ne pourront pas rejoindre l'UE avant d'avoir réglé leurs querelles frontalières, rendant hypothétique la perspective d'une première vague d'intégration à l'horizon 2025. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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