Diplomatie - Kosovo et Serbie dos à dos à Bruxelles
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DiplomatieKosovo et Serbie dos à dos à Bruxelles

La réunion de mardi, à Bruxelles, entre le Premier ministre kosovar et le Président serbe n’a rien donné. Les deux pays campent sur leurs positions, mais vont poursuivre les discussions.

Le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, a déploré le rejet de ses propositions par le Président serbe, Aleksandar Vucic. Qui, lui, craint le «degré d’irresponsabilité» auquel il devra «faire face à l’avenir».

Le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, a déploré le rejet de ses propositions par le Président serbe, Aleksandar Vucic. Qui, lui, craint le «degré d’irresponsabilité» auquel il devra «faire face à l’avenir».

AFP

Les dirigeants de la Serbie et du Kosovo se sont séparés, mardi, sur un constat d’échec à l’issue d’une nouvelle réunion sous l’égide de l’Union européenne, à Bruxelles, mais ils ont accepté de poursuivre leurs discussions, a annoncé le représentant européen Miroslav Lajcak.

«C’était la première rencontre avec Albin Kurti en tant que Premier ministre du Kosovo. Elle n’a pas été facile, mais il est important qu’elle ait eu lieu», a-t-il indiqué. «Les deux dirigeants ont eu un échange très ouvert et franc sur ce qu’ils attendent chacun du dialogue, et le processus va se poursuivre.»

«D’accord sur absolument rien!»

Le Président serbe, Aleksandar Vucic, a donné une version beaucoup moins optimiste de la rencontre. «Nous ne nous sommes mis d’accord sur absolument rien. L’homme est venu me demander “quand allez-vous reconnaître le Kosovo indépendant?”. Je lui ai dit “jamais”, et il a explosé», a-t-il raconté.

«Je n’ai jamais assisté à ce genre de réunion dans ma vie. Un manque total de responsabilité», a-t-il déploré. «J’ai très peur, car je me rends compte maintenant du degré d’irresponsabilité auquel nous devrons faire face à l’avenir. Néanmoins, nous allons continuer le dialogue.»

«Très dure»

La réunion était la première depuis la victoire historique, au Kosovo, d’Albin Kurti lors des élections législatives de février. Le Premier ministre, membre du mouvement réformiste de gauche Vetëvendosje, s’est engagé à adopter une nouvelle approche dans les discussions avec le président serbe, Aleksandar Vucic. Cette rencontre a été «très dure», a confirmé un des participants. «Le fait qu’ils aient accepté de continuer le processus est en soit positif.»

Le nouveau Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, a pour sa part déploré le rejet de ses propositions par le président serbe. «La réunion a été constructive de notre part. Nous prendrons part à ce processus, qui est difficile», a-t-il déclaré aux médias du Kosovo.

Pressions en Europe et en Amérique

Les relations entre les deux voisins des Balkans restent compliquées, plus de 20 ans après leur séparation par la guerre. L’Union européenne et les États-Unis ont fait pression sur les deux parties pour qu’elles reprennent les discussions depuis le changement de direction au Kosovo. Mais le dialogue, mené depuis une décennie sous l’égide de l’UE, patine. Les pourparlers sont censés normaliser les relations après le conflit, qui a fait 13’000 morts, pour la plupart des Albanais.

Indépendance reconnue par 100 pays

Belgrade refuse de reconnaître l’indépendance de son ancienne province, proclamée en 2008, près de dix ans après la guerre, qui avait pris fin lorsque des bombardements de l’Otan avaient contraint les forces serbes à se retirer. «Je ne m’attends à rien de lui», avait déclaré le président serbe, Aleksandar Vucic, en parlant de son interlocuteur, le Premier ministre kosovar Albin Kurti. «Ce qui m’intéresse, c’est ce que vont dire les représentants de l’Europe. Ils sont les cosignataires de l’accord de Bruxelles.»

Cet accord, signé en 2013, prévoit la création d’une association de dix municipalités où les Serbes sont majoritaires au Kosovo. Mais il est resté lettre morte, Belgrade et Pristina ne s’entendant pas sur leurs compétences. Le Kosovo indépendant a été reconnu par plus de 100 pays, dont la plupart des occidentaux, mais pas par la Russie, ni par la Chine.

(AFP)

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