Euro 2016: Kubi Türkyilmaz: «On n'a pas d'attaquant»
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Euro 2016Kubi Türkyilmaz: «On n'a pas d'attaquant»

L'ex-buteur de l'équipe de Suisse (1988-2001) a débriefé avec «So Foot» le parcours de la Nati actuelle, au terme du match contre la France à l'Euro.

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duf
Lors de l'Euro 1996 en Angleterre, Kubilay Türkyilmaz exulte après avoir égalisé sur penatly contre le pays hôte.

Lors de l'Euro 1996 en Angleterre, Kubilay Türkyilmaz exulte après avoir égalisé sur penatly contre le pays hôte.

Keystone/AP/Adam Butler

Avec 34 buts en 61 matches, l'ex-attaquant turco-suisse Kubilay Türkyilmaz est le deuxième buteur de l'histoire de la sélection rouge à croix blanche, derrière un certain Alex Frei (42 en 84 matches), mais avec une moyenne par match très légèrement supérieure au Bâlois. Autant dire qu'il sait de quoi il parle lorsqu'il critique le secteur offensif de la Nati version 2016.

C'est sans doute pourquoi le magazine français «So Foot» a voulu connaître l'avis de «Kubi», aujourd'hui âgé de 49 ans, sur la sélection de Vladimir Petkovic, entre autres. Dans une interview réalisée au lendemain du match Suisse-France, dimanche soir, l'ancien attaquant de Servette, Bologne, Galatasaray et GC, notamment, pose le doigt là où ça fait mal.

A la question de savoir si la Suisse est une bonne équipe dans le tournoi européen, Türkyilmaz hésite. «On ne sait pas. Il y a de bons résultats, mais les joueurs importants n'arrivent pas encore à être décisifs. Je pense notamment à Admir Mehmedi, à Xherdan Shaqiri. On est bien organisés, on a un bon groupe, une bonne équipe, mais on n'arrive pas encore à montrer nos qualités», estime l'ancien chasseur de buts.

Des doutes concernant Shaqiri

Pour «Kubi», ce qui manque à la troupe de «Petko» ce sont avant tout des buteurs et un meneur de jeu offensif. «On n'a pas d'attaquant, assène-t-il. Embolo, c'est un milieu offensif. Et Seferovic, je ne sais pas. Il n'a pas la vitesse, la coordination pour être un vrai buteur. Il fait du bon travail d'équipe, mais on a aussi besoin de quelqu'un qui marque les buts.» Face à la suggestion d'enfiler à nouveau lui-même le maillot «rouge et blanc», le natif de Bellinzone plaisante. «Ou Alex Frei, sinon. Il nous manque un joueur capable d'aller au but tout seul et de marquer. Xhaka, Dzemaili, Behrami (ainsi que la défense) tirent l'équipe vers le haut, pour l'instant. Fort heureusement. Ce serait bien que les autres se mettent à jouer en huitièmes de finale.

Comme de nombreux observateurs, Türkyilmaz se pose des questions à propos de Xherdan Shaqiri, censé être le véritable animateur du jeu helvétique, mais qui s'est fait bien discret depuis le début de l'Euro. «Shaqiri, on attendait tous beaucoup de sa part. On n'arrive pas à comprendre, on ne sait pas s'il est en forme ou non, s'il est content ou pas de jouer cet Euro... Je ne comprends pas comment un joueur de cette qualité n'arrive pas à faire juste un tout petit peu la différence.»

«Un parcours qui peut payer»

Heureusement, pour l'ancienne gloire internationale, tout n'est pas aussi sombre que son regard ténébreux. L'homme relève volontiers les excellentes performances de Yann Sommer, ultime rempart de l'équipe de Suisse. «Yann a fait des parades un peu bizarres hier (ndlr: dimanche), mais dans l'ensemble, il a été très bon. Il a sauvé l'équipe à plusieurs reprises, d'ailleurs. Derrière et au milieu, on est solides. Faudrait que ça fonctionne devant, maintenant. Et puis sinon, on a eu un peu de chance jusqu'à présent: contre l'Albanie, Yann a sorti de superbes parades, contre la Roumanie, on a laissé un peu trop d'espace. Contre la France aussi, il y avait beaucoup d'espace. Peut-être qu'on a trop respecté la France, je ne sais pas. Peut-être qu'on était contents de ce qu'on avait fait jusqu'à présent. C'est un peu le problème de la Suisse: on se contente de ce qu'on a.»

En conclusion, «Kubi» se dit malgré tout très optimiste. «La Suisse réalise peut-être un parcours étrange, mais c'est le genre de parcours qui peut payer à la fin. Là-dessus, je suis très optimiste. C'est un parcours bizarre: on a de la chance, on passe quand même, on ne prend pas beaucoup de buts. On est sur le chemin pour faire quelque chose d'important.» Pour la Nati, il suffit donc de donner raison à Türkyilmaz sur ce dernier point en lui prouvant qu'il a tort de douter de sa force offensive. Simple, non?

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