Actualisé 18.06.2018 à 21:30

Bevaix (NE)Kyllian, 9 ans, est prêt à tout pour sauver Francky

Un écolier s'est pris d'affection pour «Francky», un jeune ruminant destiné à l'abattoir. Racheter et entretenir l'animal lui coûtera cher.

von
Vincent Donzé
Kyllian est déterminé à sauver «Francky», équipé d'une boucle empêchant toute succion.

Kyllian est déterminé à sauver «Francky», équipé d'une boucle empêchant toute succion.

Jean-Guy Python

Tout a commencé par un coup de foudre entre un garçon de 9 ans et un petit veau. L'histoire qui débute à Fresens, dans la région du littoral neuchâtelois, est atypique. Elle réunit Kyllian et Francky, un jeune ruminant de 6 mois C'est dans la ferme de son oncle que l'écolier de Bevaix (NE) s'est épris du veau né le 11 décembre dernier et rapidement séparé de sa mère. Kyllian n'a alors d'yeux que pour Francky, pas pour son frère Pitch. «On s'est aimés directement!» résume l'enfant.

Pour l'écolier sentimental, le veau castré n'est pas que le numéro 2682. «Le contact était immédiat, et réciproque», témoigne sa maman, Aude Wir.

Les parents de Kyllian ne sont pas agriculteurs – lui est machiniste; elle, employée de commerce – mais le garçon vit entouré d'animaux: un chien et aussi des tortues, des hamsters, des tritons et surtout des hérissons. Aude Wir est pressentie pour succéder à Sylvie Benoit, la gérante à Serrières d'une station d'accueil pour hérissons.

Laisser un veau gambader dans le jardin d'un quartier résidentiel? Il n'en est pas question: le projet de Kyllian consiste à racheter le veau au prix de la viande: 3000 francs. Puis de payer la pension et les frais vétérinaires: 300 francs par mois. Une fortune pour un enfant de 9 ans.

Des petits sous pour son veau

«La réalisation de son rêve passe par le travail», ont tranché ses parents, qui le rétribuent 2 fr. 50 pour la tonte du gazon. Son samedi, il l'a passé à faire les foins chez son oncle, Philippe Zwahlen. «J'ai déjà économisé 300 francs», précise Kyllian, conscient que s'il ne réussit pas à concrétiser son projet, Francky finira à l'abattoir dans dix-huit mois. Pour l'enfant, le chemin de l'école ne passe plus par le kiosque, pas même pour des autocollants Panini. «C'est du gaspillage», tranche-t-il. Adieu les cadeaux, à son anniversaire comme à Noël: «Je demande de l'argent pour sauver Francky», confie Kyllian.

La cloche que porte le veau a été offerte et Kyllian a sa petite idée pour financer l'opération survie: seller Francky pour le monter et organiser des balades.

Depuis que Kyllian s'est mis en tête de sauver Francky, il lui rend visite trois fois par semaine dans son champ pour le nourrir, le brosser et le câliner. «Il va volontiers le promener», ajoutent ses parents. Devenir agriculteur est son rêve, avec un permis de conduire un tracteur qu'il veut passer à 14 ans. Mais ses parents tentent de le détourner d'une profession en perdition.

Pas de viande bovine

Depuis qu'il a pris Francky sous son aile, Kyllian ne mange plus ni de veau ni de boeuf, une viande qui était pourtant sa préférée. Sa maman, végétarienne, s'en amuse, elle qui cuisine du boeuf pour son conjoint, de l'agneau pour son fils, tandis que sa fille Lya mange de tout. Aude Wir est fière de son fils: «Son veau est le plus propre du pâturage», a-t-elle constaté hier.

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