Grèce: L'absence d'accord serait le «début de la fin»
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GrèceL'absence d'accord serait le «début de la fin»

L'absence d'accord sur la Grèce signifierait «le début de la fin» pour la zone euro, avertit le Premier ministre grec Alexis Tsipras, dans un entretien mardi avec le «Corriere della Sera».

Jusqu'ici, le gouvernement de gauche radicale estimait avoir présenté une offre d'accord de 47 pages comprenant de nombreuses concessions.

Jusqu'ici, le gouvernement de gauche radicale estimait avoir présenté une offre d'accord de 47 pages comprenant de nombreuses concessions.

La Grèce a soumis une contre-proposition de réformes à ses créanciers pour trouver un accord permettant la reprise du financement du pays, a dit mardi un responsable de l'UE. Mais Athènes estime qu'elle constitue seulement une amélioration du plan déjà déposé. Les autorités grecques ont soumis une «contre-proposition» aux institutions, «qui sont en train de l'étudier», a indiqué une des sources, sans préciser le contenu de ce document. «Une contre-proposition a été reçue ce matin», a confirmé une seconde source.

A Athènes, le gouvernement n'a pas confirmé cette information. «On est en train d'échanger des idées et de discuter sur des propositions améliorées sur la base du plan de 47 pages déjà déposé. On n'a pas pour le moment déposé un nouveau texte en tant que tel», a dit une source gouvernementale grecque.

Deux émissaires du Premier ministre Alexis Tsipras se sont rendus lundi à Bruxelles pour évaluer «les marges» en vue d'un éventuel accord avec les créanciers. Ils se sont entretenus avec le commissaire européen chargé des Affaires économiques Pierre Moscovici, selon une source proche des discussions.

L'accord est «très proche»

Interrogé mardi par «Corriere della Sera» pour savoir si un échec de la Grèce signifierait un échec de l'Europe, M. Tsipras répond dans cet entretien exclusif : «je pense que c'est évident. Ce serait le début de la fin de la zone euro». Pour le Premier ministre grec, un échec sur la Grèce conduirait inévitablement les marchés financiers à chercher un autre maillon faible dans la zone euro. «Si la Grèce fait faillite, les marchés iront immédiatement chercher une autre» proie, estime-t-il, en faisant référence à l'Espagne ou à l'Italie.

«Si les dirigeants européens ne peuvent pas régler un problème comme celui de la Grèce, qui représente 2% de son économie, quelle sera la réaction des marchés pour les pays qui affrontent des problèmes beaucoup plus grands, comme l'Espagne ou l'Italie qui a une dette publique de 2000 milliards d'euros ?», s'interroge M. Tsipras. Ce dernier se veut toutefois rassurant et affirme qu'un accord entre la Grèce et ses créanciers internationaux «est très proche». Encore faut-il qu'il ne contienne pas «la suppression des retraites les plus faibles et des allocations», explique-t-il.

Milliards d'euros attendus

La Grèce, qui attend le versement de 7,2 milliards d'euros de ses créanciers en échange de réformes difficiles, a peu de temps pour négocier avant de n'avoir vraiment plus un sou en caisse.

Jusqu'ici, le gouvernement de gauche radicale avait présenté une offre d'accord de 47 pages intégrant de nombreuses concessions, sur le plan fiscal et budgétaire notamment, par rapport à ses engagements de campagne.

Mais les discussions avec ses créanciers ont achoppé la semaine dernière à Bruxelles sur les modalités d'une nouvelle réforme des retraites et une hausse de la TVA sur l'électricité.

La contre-proposition reçue mardi à Bruxelles porte notamment sur le rachat par Athènes des obligations grecques détenues par la Banque centrale européenne (BCE), selon une source européenne. Cette idée est soutenue de longue date par le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

Un taux bas de 1,5 %

Dans le cadre d'une aide aux pays les plus touchés par la crise de la dette, la BCE avait décidé en 2010 de racheter des obligations souveraines grecques d'une valeur nominale de 27 milliards d'euros.

«Ces obligations créent un double problème aux finances grecques: d'une part l'arrivée à échéance d'une partie de ces obligations en été - l'Etat grec doit rembourser 6,7 milliards à la BCE (en juillet et août) -, crée un trou budgétaire important. D'autre part leur détention par la BCE empêche Athènes de participer au vaste programme du rachat des dettes des pays («QE») lancé par la BCE», avait expliqué M. Varoufakis fin mai.

Selon le ministre, la solution «serait un prêt du fonds de soutien de la zone euro à la Grèce avec un taux bas de 1,5 % afin que le pays puisse racheter les obligations détenues par la BCE. Cela permettrait le transfert de la dette de la BCE au MES», et faciliterait le retour du pays sur le marché de la dette. (afp)

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