Premier League: L'absence de pause hivernale a fait des dégâts

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Premier LeagueL'absence de pause hivernale a fait des dégâts

Alors que toute l'Europe observe une pause durant les Fêtes, la Premier League s'en passe. Au final, les clubs et l'équipe d'Angleterre paient le prix de cette tradition.

par
Jean-Philippe Pressl-Wenger
C'est dans ce duel avec Danny Rose (à droite) que Theo Walcott s'est gravement blessé au genou gauche.

C'est dans ce duel avec Danny Rose (à droite) que Theo Walcott s'est gravement blessé au genou gauche.

Quarante-quatre blessés. C'est l'inquiétant total qui résulte des rencontres disputées durant la période des Fêtes pour les clubs de Premier League, toutes compétitions confondues. Malgré le carton plein réussi sur les quatre matches disputés en neuf jours, Arsenal paie cette année un lourd tribut à la tradition. Six Gunners ont été touchés, dont Theo Walcott. Le virevoltant international s'est blessé au ligament du genou et sera indisponible pour 6 mois. Il manquera donc également la Coupe du monde au Brésil. Contrairement à la majorité des blessures rencontrées durant cette période, celle de Walcott n'est pas musculaire. Elle ne résulte pas d'une surcharge, mais bien d'une action de jeu malheureuse.

Selon les statistiques du journal britannique «The Guardian», Tottenham pointe juste derrière les Gunners avec quatre blessés, puis six clubs ont vu trois des leurs êtres touchés. Seuls deux équipes ont traversé la période allant du Boxing Day (26 décembre) au 4 janvier sans dégâts : Manchester City et Crystal Palace.

Un chiffre souligne encore la différence entre les championnats européens et la Premier League. Arsenal recevra le Bayern Munich en huitième de finale de la Champions League (19 février). Alors que les Bavarois n'auront pas joué de match de Bundesliga en 41 jours, avant de reprendre contre le Borussia Mönchengladbach de Lucien Favre (le 24 janvier), Arsenal aura disputé sept rencontres. De quoi peser sur les organismes.

Roy Hodgson emprunté

Le sélectionneur des Three Lions, verrait évidemment une pause d'un bon œil. Car sur les quarante-quatre blessés recensés durant ces dix jours de folie, quinze pourraient être appelés à intégrer le groupe pour la Coupe du monde. Avant l'Euro 2012, Roy Hodgson avait perdu un cinquième de son effectif en début d'année déjà.

Fabio Capello, qui a passé cinq ans à la tête de la sélection anglaise (2007-2012), avait fait le même constat qu'Hodgson : une pause ferait du bien au foot anglais. «Le jeu pratiqué en Angleterre durant la première partie de la saison est bien meilleur que durant la deuxième, remarquait l'Italien en juillet 2013 avant de poursuivre sur une métaphore automobile. C'est comme avec une voiture, si vous vous arrêtez en chemin pour faire le plein, vous êtes certain d'arriver où vous voulez. Mais si vous ne le faites pas, il y a toujours le risque que vous tombiez en panne avant d'arriver à destination.»

Pas de réforme en vue

La logique voudrait que l'Angleterre aussi ménage ses footballeurs. Mais plusieurs raisons empêchent cette réforme. Si l'orgie de football qui enflamme la Perfide Albion chaque fin d'année fait partie intégrante de la tradition sportive outre-Manche, les implications économiques restent primordiales.

Sur l'île, personne n'est prêt à voir le nombre de clubs diminuer en Premier League. Les responsables de la Coupe et de la Coupe de la Ligue n'imaginent pas non plus abandonner leur compétition, ni modifier leurs modes de qualification (rejouer les matches nuls). De plus, en raison de la pause dans les autres championnats, la Premier League profite durant ces dix jours, d'une exposition médiatique plus marquée encore que le reste de la saison. En conséquence, les minutes de publicité, les annonces et autres clips promotionnels peuvent se négocier à des prix plus intéressants que durant le reste de l'année.

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