Actualisé 03.12.2014 à 14:47

Espace

L'accord sur Ariane 6 profite aux PME suisses

L'accord «historique» pour la construction de la nouvelle fusée européenne Ariane 6 va profiter largement aux PME suisses, s'est félicité mercredi le secrétaire d'Etat Mauro dell'Ambrogio.

La Suisse, co-présidente de l'Agence spatiale européenne (ESA), s'est activée jusqu'à la dernière minute pour parvenir au but, a-t-il précisé. «La présidence suisse - avec celle du Luxembourg - a joué un grand rôle ces derniers mois, et jusque dans la nuit de lundi à mardi» pour résoudre les derniers points litigieux, a rapporté le secrétaire d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation lors d'une conférence de presse à Berne. «De gros intérêts, notamment industriels, étaient en jeu», a-t-il souligné. «La situation est désormais claire jusqu'en 2020».

Ariane 6, plus compétitive que l'actuelle Ariane 5 sur le marché des lanceurs de satellites, devrait effectuer son vol de qualification en 2020, pour être pleinement opérationnelle dès 2022, a précisé Daniel Neuenschwander, chef de la Division affaires spatiales. D'ici là, Ariane 5 et Vega resteront en service.

«L'Europe doit absolument avoir son propre accès à l'espace pour ne pas dépendre des autres, qui seraient alors libres d'imposer leurs prix», a relevé M. dell'Ambrogio.

Ariane 6 sera co-bâtie en Suisse

Ariane 6 sera cofinancée et co-bâtie en Suisse. Le budget jusqu'à ce que la fusée vole s'élève à 3 milliards d'euros (3,6 milliards de francs), ou à 4,3 milliards en comptant tous les éléments conjoints. Environ 3% devraient revenir à des entreprises suisses, estime M. Neuenschwander.

Le groupe technologique Ruag devrait construire la coiffe d'Ariane 6. APCO technologies, à Aigle (VD), est en bonne position pour bâtir les cônes des fusées d'appoint, Meggitt, à Givisiez (FR), les capteurs de pression et de vibration du propulseur principal Vulcain.

Ce genre d'opération a aussi «un effet levier pour les entreprises concernées, en améliorant leur savoir-faire et en leur ouvrant de nouveaux marchés», a relevé M. dell'Ambrogio.

Milieux académiques aussi gagnants

Les ministres présents à Luxembourg ont aussi pris des engagements financiers sur le soutien des activités de recherche, notamment dans le cadre de la Station spatiale internationale (ISS). Cela profite aux chercheurs et aux milieux académiques helvétiques, a noté le secrétaire d'Etat. La mission Rosetta, à laquelle participe notamment l'université de Berne, a montré l'enjeu à ce niveau.

L'ESA est «un véhicule stable, indépendant des turbulences qui peuvent survenir entre la Confédération et l'UE, et où la Suisse co-décide de tout. Or la stabilité est un facteur fondamental pour les milieux de la recherche», a souligné M. dell'Ambrogio. Et le taux de succès des programmes suisses dans la répartition globale est «au-dessus de la moyenne».

En tant que membre fondateur de l'ESA, la Suisse participe aux activités à hauteur d'environ 150 millions de francs par an. Le prochain Conseil ministériel de l'agence se tiendra fin 2016 à Lucerne. La participation future de l'ESA à l'ISS y sera notamment discutée. (ats)

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