Actualisé 27.02.2018 à 14:59

GenèveL'accueil des requérants mineurs doit être amélioré

Les conditions d'hébergement des requérants d'asile mineurs non accompagnés à Genève sont «inadaptés», selon la Cour des compte.

François Paychère, magistrat à la Cour des comptes, constate que «beaucoup de travail sera nécessaire pour améliorer les conditions matérielles et humaines d'accueil» de ces mineurs -

François Paychère, magistrat à la Cour des comptes, constate que «beaucoup de travail sera nécessaire pour améliorer les conditions matérielles et humaines d'accueil» de ces mineurs -

Keystone

Dans un rapport publié mardi, la Cour des comptes porte un regard critique sur les conditions d'hébergement des requérants d'asile mineurs non accompagnés à Genève. Les jeunes de plus de 15 ans se trouvent actuellement dans un centre «inadapté».

«Encore beaucoup de travail sera nécessaire pour améliorer les conditions matérielles et humaines d'accueil» de ces mineurs, a fait savoir devant les médias le magistrat à la Cour des comptes François Paychère. Aujourd'hui, les jeunes logent dans un endroit bruyant et ne bénéficient pas d'un encadrement suffisant pour s'épanouir.

Conséquences sur la scolarité

Cette situation insatisfaisante a des conséquences sur la scolarité des jeunes requérants. Elle a également des effets sur leur santé. Dans ce domaine, des manquements ont aussi été observés. Les besoins en soins sont mal définis, ce qui peut conduire à une surmédicalisation ou, à l'inverse, à une absence de prise en charge.

Le centre de l'Etoile où logent les requérants mineurs non accompagnés de plus de 15 ans a été ouvert dans l'urgence, pour répondre à la vague migratoire de 2015. Ces phénomènes sont assez récurrents et il faut que Genève soit prête pour les prochaines arrivées massives de migrants, estime toutefois la Cour des comptes.

Projet d'un nouveau lieu d'accueil

L'Hospice général, qui s'occupe de l'accueil des requérants, est conscient du problème posé par le centre de l'Etoile. Lors de la présentation du rapport de la Cour des comptes, le directeur de l'hospice Christophe Girod a promis un redéploiement des équipes d'encadrement, afin de mieux pouvoir accompagner les jeunes.

Par ailleurs, une autorisation de construire a été déposée pour un centre de 80 places dédié aux mineurs dans le quartier d'Aïre. M.Girod s'attend cependant à des oppositions au projet. Selon lui, il faudra compter encore deux ans environ avant que l'autorisation de construire n'entre véritablement en force.

Insuffisance des effectifs

La Cour des comptes est sensible à la complexité du problème. Le dispositif mis en place pour le suivi et l'intégration des enfants migrants est complexe. Il fait intervenir de nombreux acteurs de différents services de l'Etat. Ces jeunes, à la fois mineurs et requérants, sont souvent à cheval sur deux politiques.

Pour la Cour des comptes, une approche partagée par l'ensemble des acteurs est nécessaire pour qu'un mode stable de prise en charge de ces jeunes migrants soit défini. L'ensemble des recommandations de la Cour a été accepté. En matière d'encadrement, l'insuffisance actuelle des effectifs est toutefois un obstacle pour l'Etat. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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