Procès Ségalat: L'accusé clame toujours son innocence
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Procès SégalatL'accusé clame toujours son innocence

Le procès de Laurent Ségalat s'est ouvert mercredi devant le Tribunal criminel de La Côte (VD) pour le meurtre de sa belle-mère le 9 janvier 2010. Le procès reprend jeudi à 8h30.

«Je veux dire avec force que je suis innocent des faits qui me sont reprochés. Je ne suis pas violent», a déclaré l'accusé dès que la parole lui a été donnée et en se tournant vers le public présent dans la salle, soit près d'une soixantaine de sympathisants.

Deux courriers envoyés à l'accusé mais interceptés par la justice et faisant état de menaces envers le tribunal ont rendu aussitôt l'ambiance électrique. Le président du tribunal a qualifié ces courriers d'«inadmissibles» et a par la suite menacé de faire évacuer la salle si Laurent Ségalat continuait à se retourner et à faire des signes au public.

De son côté, Laurent Ségalat s'est montré confus, ne se souvenant de rien, invoquant à de multiples reprises un «brouillard». L'accusé n'a pas regardé la longue reconstitution des faits projetée par le tribunal, mais s'est tenu la tête dans les mains durant le film.

Cette reconstitution a montré un accusé incapable de se rappeler avec exactitude le déroulement des faits. «J'ai vécu tellement de choses traumatisantes. La perte de ma mère. Il y a une sorte de brouillard qui se forme dans ma tête», déclare Laurent Ségalat aux enquêteurs et au procureur présents sur les lieux. Souvent, il détourne la tête, s'accroupit, est pris de malaise et s'effondre, en pleurs, après avoir maladroitement reproduit les gestes prétendument prodigués lors d'un massage cardiaque pour tenter de réanimer sa belle-mère.

Coups ou chute dans les escaliers

Laurent Ségalat, père de quatre enfants et directeur de recherches au CNRS, domicilié à Thonon-les-Bains, est accusé d'avoir tué le 9 janvier 2010 sa belle-mère, âgée de 67 ans, en la frappant violemment à de multiples reprises dans la buanderie de la maison où vivait la municipale de Vaux-sur-Morges avec le père de l'accusé. Elle aurait tenté en vain de se défendre, le griffant au visage. Des griffures que l'accusé attribue à sa propre maladresse.

Selon l'accusé, Catherine Ségalat, serait décédée suite à une chute dans les escaliers ou à l'intervention d'un tiers. Lors de la reconstitution, il a eu beaucoup de peine à montrer comment il avait traîné le corps dans la pièce voisine, où le sol était moins froid, avant de pratiquer des mouvements de réanimation. Il aurait ensuite appelé les secours avant de nettoyer les lieux et de placer ses habits maculés de sang dans la machine à laver, invoquant une phobie du sang. «Après coup, je me suis dit que j'avais fait une grosse connerie».

Près de deux heures se sont écoulées entre la découverte du corps et le moment où Laurent Ségalat a appelé les secours. Ce dernier expliquera à la standardiste du 144 qu'il tentait de réanimer sa belle-mère et que le téléphone n'était pas à sa portée.

Soeurs de la victime

Dans l'après-midi, la Cour a également entendu les soeurs de la victime qui se sont portées partie civile, afin de «connaître la vérité». «J'aimerais qu'il avoue, qu'il dise vraiment ce qui s'est passé», a déclaré l'une d'elles. Selon les soeurs de Catherine Ségalat, le mari de cette dernière, hospitalisé lors du drame, doutait lui aussi de l'innocence de son fils. «Il m'a dit qu'elle n'était pas tombée seule dans l'escalier, mais qu'on l'avait poussée».

Les éléments découverts sur les lieux, ainsi que les déclarations du beau-fils, avaient rapidement conduit les enquêteurs à le soupçonner. L'enquête a connu de nombreux rebondissements, avec la multiplication d'actes d'expertises demandés par la défense en vue d'éclairer les circonstances du drame. La défense invoque l'absence de mobile tandis que l'accusation met en cause une question d'héritage. Le procès doit durer jusqu'au 1er juin prochain. (ap)

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