L'Aconcagua en speedflying: du rêve à la réalité en moins de 5 minutes
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L'Aconcagua en speedflying: du rêve à la réalité en moins de 5 minutes

Après les descentes du Mont-Blanc et de la Face Nord de l'Eiger en speedflying, François Bon s'est attaqué, avec succès, à la très haute altitude à l'Aconcagua en Argentine.

Il tutoie le ciel des Amériques, l'Aconcagua, 6962 mètres d'altitude, le plus haut sommet d'Amérique du Sud, avant de plonger vers l'Altiplano: 3000 mètres de dénivelé avalés en moins de 5 minutes chrono: ça fait froid dans le dos. Et pas seulement. François Bon n'est pas un inconnu, ni une tête brûlée. Pilote de speedflying, le Français n'en est pas à son coup d'essai. A son actif, il compte déjà le Mont-Blanc et la Face Nord de l'Eiger.

Dans son parcours de fou volant au long cours, la Face Sud de l'Aconcagua, c'est l'aventure avec un A majuscule. On ne se frotte pas à cette montagne mythique sans souffrir. En Argentine, François a dû repousser ses limites. Onze jours d'approche et d'ascension, en conditions hivernales pour réaliser son rêve. Malgré les -33 degrés au camp 3, la neige jusqu'aux cuisses, l'abandon de son guide pour cause de gelures à 6400 mètres, François a tenu … Bon. Au feeling, dans la tempête, avec comme seul compagnon le cuisinier de l'ascension, un néophyte à l'Aconcagua. Le Jour J, au sommet, les nuages ont laissé quelques ouvertures dans la Face Sud. Ne reste plus qu'à effectuer le grand saut, à prendre cette décharge d'adrénaline pour imiter le vol du condor.

François Bon: «Je tombais littéralement du ciel»

A près de 7000 mètres, ne pas se laisser submerger par l'euphorie enivrante des hautes altitudes est une condition essentielle pour voler en limitant les risques. «Une fois en haut rien n'est fini, tu dois avoir la tête bien claire pour prendre les bonnes décisions, et faire les bons gestes techniques», commente François Bon. Les pieds bien plantés dans les prairies de l'Altiplano, à seulement 4000 mètres d'altitude, le Français reprend ses esprits. Et analyse sa performance. «L'altitude augmente les vitesses. Tout est plus dangereux. On tombe littéralement du ciel.»

Sensation de vertige. François a flirté sur le fil du rasoir, chaque geste mesuré et précis. «Je n'ai jamais été à l'aise pour rider», souligne le Français. L'idée d'un stop forcé dans la Face Sud l'a rendu plus prudent. Son exploit accompli, François Bon apprécie. «Le speedflying m'a ramené vers la haute montagne. Un monde, une dimension à part.» Avant d'atteindre le plancher des lamas, François Bon a atteint le toit des Amériques. Un exploit parachevé par un vol historique.

Didier Bender

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