L'administration a arrêté de fumer. Pas la prison
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L'administration a arrêté de fumer. Pas la prison

La fumée est interdite dans les locaux de l'Etat genevois depuis le 1er janvier. La prison reste le
dernier bastion de liberté pour les fumeurs.

«On fume davantage pendant les pauses, voilà tout», lance un employé de l'administration pourtant accro à la cigarette. «Je suis sorti quelquefois en griller une, mais à chaque fois je dois timbrer. C'est un peu compliqué», lâche un autre fonctionnaire. Depuis le début de l'année, l'administration cantonale a banni la clope de ses locaux, bien décidée à lutter de manière concrète contre les effets de la fumée passive. Les bureaux privés ne font pas exception à la règle. Même ceux des conseillers d'Etat. Ainsi, Laurent Moutinot, président du gouvernement, a-t-il rangé sa pipe. La mesure est applicable dans tous les locaux de l'administration cantonale.

A une exception près, les lieux de détention. A la prison de Champ-Dollon, la pratique est la suivante: «Les détenus peuvent fumer en cellule, à la promenade», indique le directeur de l'établissement, Laurent Beausoleil, précisant que les lieux de détention ne favorisent pas l'envie d'arrêter de fumer. «En prison, les affinités entre détenus priment sur la fumée», poursuit M. Beausoleil.

Quant aux gardiens «accros», ils se rabattront sur la terrasse de la cafétéria ou sur l'espace fumeur du rez-de-chaussée, l'un des deux qui n'a pas été supprimé. Par rapport aux autres services de l'administration, la donne est effectivement différente en prison, où les gardiens ne peuvent pas sortir toutes les cinq minutes dans la cour pour fumer une cigarette!

Valérie Duby

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