Actualisé 19.06.2019 à 17:20

Avion sur le Mont-BlancL'Aéroclub de Genève contre-attaque

L'appareil qui a engendré un scandale en se posant sur le célèbre massif français venait de l'Aéroclub de Genève. Ce dernier dément toute faute et se défend.

de
Renaud Michiels
L'avion genevois qui fait scandale a été photographié par un montagnard lorsqu'il s'est posé sur le Mont-Blanc.

L'avion genevois qui fait scandale a été photographié par un montagnard lorsqu'il s'est posé sur le Mont-Blanc.

Facebook/Laurent Leemans

«Une provocation!» «Inadmissible!» «Honteux!» C'est peu dire que l'avion suisse qui s'est posé mardi à quelque 4450 m sur le Mont-Blanc fait scandale en France voisine. Les autorités de Chamonix et Saint-Gervais sont outrées. Car elles estiment que l'avion s'est posé en toute illégalité. Et que c'était une «dépose»: les deux occupants auraient atterri là dans le seul but de se faciliter l'ascension vers le sommet (4809 mètres).

L'avion en question est un biplace qui appartient à l'Aéroclub de Genève et est principalement utilisé par le Groupe des Pilotes de Montagne. Un aéroclub de Genève qui a réagi ce mercredi par un communiqué assez sec qui réfute toutes les accusations. Faux, faux et encore faux, dit en substance le texte.

Seulement «de la formation ou l'entraînement»

L'Aéroclub de Genève confirme qu'un de ses aéronefs s'est bien posé sur le Mont-Blanc. «Dans la région dite du Dôme du Goûter, répertoriée dans la Publication d'information aéronautique officielle française», est-il précisé. En clair, il était légal de se poser à cet endroit. Sauf qu'en France on prétend que ce n'est pas là que le biplace s'est posé...

«L'Aéroclub de Genève opère des aéronefs équipés et homologués pour les atterrissages en montagne. Les activités se limitent à la formation ou l'entraînement à la pratique des atterrissages en montagne, qui est à l'origine du sauvetage aéroporté», peut-on lire ensuite.

Ampleur internationale

Puis le comité de l'aéroclub, qui signe le texte, dément l'accusation de «dépose» ou que quelque riche suisse ait été mené là pour gravir le Mont-Blanc. «Aucune dépose en montagne n'est effectuée par l'Aéroclub», est-il souligné. Et l'Aéroclub «n'effectue pas d'activité commerciale». Contacté par «Le Matin», le comité indique qu'il souhaite s'en tenir à ce texte et ne répondra pas à d'autres questions.

Via ce communiqué, on comprend que l'Aéroclub de Genève veut apparaître droit dans ses bottes. Et estime peut-être avoir été «lynché» injustement dans cette histoire qui a désormais pris une ampleur internationale.

Qui dit vrai? L'affaire n'en restera pas à la parole des uns et des autres. Elle suit son cours en France, où les hommes du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix ont relevé les identités des deux Suisses. Et l'Office fédéral de l'aviation civile va également ouvrir une enquête «contre le pilote suisse», révèle «Blick».

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!