Selon son directeur Robert Deillon: «L'aéroport de Genève a plutôt bien résisté à la crise»
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Selon son directeur Robert Deillon«L'aéroport de Genève a plutôt bien résisté à la crise»

L'Aéroport International de Genève (AIG) terminera 2009, une année très pénible pour le transport aérien, avec 11,2 millions de passagers transportés, soit un recul de 2% par rapport à 2008.

Mais la reprise, qui pointe depuis juillet, s'est accélérée à l'automne.

«Les compagnies aériennes ont été très touchées par la crise, mais les aéroports, dont celui de Genève, ont plutôt bien résisté» , indique dans un entretien accordé à l'ATS Robert Deillon, directeur de l'AIG. «Le trafic va baisser de seulement 2%, ce qui reste raisonnable.»

Après avoir enregistré des croissances records ces dernières années, l'activité à Genève-Cointrin a marqué le pas au premier semestre 2009. «Depuis juillet, elle est à nouveau en légère progression», a complété Robert Deillon.

Moins de mouvements d'avions

Mieux encore, la reprise s'est confirmée depuis le mois d'octobre avec une hausse de 5% en octobre et en novembre. «Finalement, l'année ne se sera pas trop mal déroulée, avec seulement quatre mois de recul du trafic». Un phénomène constaté à Genève mais aussi à Zurich-Kloten.

La baisse des mouvements s'est quant à elle révélée plus inmportante, et devrait atteindre 9%. «On table sur un recul de 5,5% pour les vols de lignes et les vols charters et de 20% pour l'aviation générale et d'affaires.»

Dans ce contexte très tendu, les compagnies aériennes, amenées à réduire drastiquement leurs coûts, ont annulé certaines fréquences. «Elles ont privilégié le taux de remplissage des avions plutôt que le réseau», explique le directeur de l'AIG.

Nouveaux investissements

A l'issue d'un exercice particulièrement difficile, certaines affichent pourtant une meilleure santé que d'autres. Parmi elles, figurent Swiss, qui va dégager des résultats positifs cette année, et la britannique easyJet, toujours leader sur le tarmac genevois.

De son côté, l'aéroport poursuit fidèlement le plan directeur qu'il s'est fixé jusqu'en 2015. «La première phase s'est achevée, avec pour conséquence d'améliorer en quantité comme en qualité l'aérogare actuelle», rappelle le directeur. Elle s'est traduite par une augmentation de 40% de la surface totale, bien adaptée au trafic du moment.

«Nous tablons sur une croissance annuelle moyenne de 2% dès 2010, la seconde phase de notre plan consiste à réaliser les équipements nécessaires pour faire face l'augmentation attendue du volume». Un investissement moyen de 90 à 100 millions par an est prévu jusqu'en 2015, pour un trafic estimé à environ 13,7 millions de passagers.

Succès outre-Atlantique

En attendant, l'AIG se félicite du succès rencontré sur les deux nouvelles destinations internationales, vers Washington et Montréal, proposées en 2009. «Après quatre à cinq mois d'exploitation, le bilan est excellent et le trafic vers l'Amérique du Nord a progressé de 24,6%», se réjouit Robert Deillon.

Et ce d'autant que l'arrivée de ces deux vols n'a pas fait baisser le trafic sur le vol historique vers New York. Une destination très rentable pour Swiss qui affiche des ambitions depuis Genève, avec un nouveau vol vers Londres Heathrow, premier aéroport européen.

Reste que pour compléter son offre, l'AIG est plus que jamais «intéressé» par un vol direct sur l'Extrême-Orient ou l'Asie. «C'est un projet sur lequel on travaille depuis de nombreuses années», souligne Robert Deillon.

Mais il s'agit de trouver une compagnie qui pourra s'appuyer sur des partenaires présents à Genève. «Le cadre de Star Alliance serait bien adapté. Un vol direct sur Bangkok ouvrirait de bonnes connexions vers le reste de l'Asie.»

Le défi consiste comme toujours à trouver le juste équilibre entre la clientèle d'affaires et la clientèle touristique. «On ne veut pas à Genève de lignes qui n'ont pas de marché», conclut Robert Deillon. L'aéroport entend consolider sa position en Europe tout en tournant volontiers son regard vers l'est.

(ats)

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