Actualisé 07.04.2012 à 12:31

Yémen

L'aéroport de Sanaa fermé sous menace militaire

L'aéroport de Sanaa était fermé samedi à la suite de menaces de militaires fidèles à l'un des proches de l'ancien président Ali Abdallah Saleh d'abattre tout avion décollant ou atterrissant.

L'aéroport est encerclé par des militaires fidèles au commandant des forces aériennes, le général Mohamed Saleh al-Ahmar, un demi-frère de l'ex-président démis vendredi par décret mais qui refuse de quitter son poste, a annoncé une source aéroportuaire.

«Aucun avion n'a décollé ou atterri depuis que ces militaires ont lancé leur menace vendredi soir», a déclaré cette source, ajoutant que des membres de la tribu des Hamdane, fidèles à l'ancien président, participaient également au siège de l'aéroport. Ces hommes armés sont conduits par l'un des chefs de cette tribu, Naji Jamaane, selon la même source.

Au total, neuf vols internationaux et sept vols intérieurs au départ de Sanaa ont été annulés, tandis que trois vols prévus à l'arrivée ont été déroutés sur l'aéroport d'Aden (sud), a précisé un responsable de l'aéroport à l'AFP.

Le général a été démis de ses fonctions vendredi par décret présidentiel, mais il refuse toujours de quitter son poste tant que plusieurs hauts responsables du ministère yéménite de la Défense, dont le ministre lui-même, n'auront pas été limogés, selon une source militaire.

Dans un ordre adressé à ses troupes, le général al-Ahmar a demandé de «ne pas appliquer la décision présidentielle» tant que le ministre Mohamed Nasser Ahmed et le chef d'état-major Ali al-Achwal resteraient en poste. Il réclame aussi l'exil de plusieurs figures de la puissante tribu des Hached, selon cette source militaire.

Limogeage non-accepté

Le commandant des forces aériennes yéménites, demi-frère de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, a rejeté son limogeage décidé vendredi par le président de transition Abd Rabbo Mansour Hadi, a annoncé samedi une source militaire.

Le général Mohamed Saleh al-Ahmar, démis par décret présidentiel, a refusé de partir tant que plusieurs hauts responsables du ministère de la Défense, dont le ministre lui-même, n'auront pas été limogés, selon cette source.

Dans un ordre adressé à ses troupes, le général al-Ahmar a demandé de «ne pas appliquer la décision présidentielle» tant que le ministre Mohamed Nasser Ahmed et le chef d'état-major Ali al-Achwal resteraient en poste.

Il réclame en outre l'exil de plusieurs figures de la puissante tribu des Hached, selon la source militaire.

Le général Mohamed Saleh al-Ahmar a été limogé vendredi, en même temps que le général Tarek Mohamed Abdallah Saleh, chef de la garde présidentielle et neveu de l'ancien homme fort du pays.

Les forces aériennes étaient secouées depuis plusieurs mois par un mouvement de contestation réclamant le départ du général al-Ahmar.

Succession compliquée

Ali Abdallah Saleh, qui a dirigé le Yémen sans partage pendant 33 ans, a accepté sous la pression de la rue et de la communauté internationale de céder le pouvoir à son vice-président, M. Hadi.

Mais ses détracteurs l'accusent de chercher à entraver la transition politique. Il reste en effet président du Congrès Populaire Général (CPG, ancien parti au pouvoir), et ses proches contrôlent toujours les principaux organes de sécurité, notamment son fils aîné Ahmed, qui commande la Garde républicaine, unité d'élite de l'armée. (afp)

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