Genève: L'aéroport, hôtel de luxe pour les bébés martinets
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GenèveL'aéroport, hôtel de luxe pour les bébés martinets

Cointrin recueille des poussins martinets tombés du nid dans des nichoirs fabriqués spécialement pour eux.

par
Lucie Fehlbaum

L'aéroport de Cointrin a accueilli samedi 44 petits locataires à plumes. Des bébés martinets, trouvés partout à Genève et soignés au Centre Ornithologique de réadaptation (COR), ont été soigneusement déposés dans des nichoirs, sous le toit d'un vaste hangar à avions. «L'astuce est d'attendre que les parents partent chasser, révèle Charlotte Karsegard, biologiste au COR. On peut alors glisser le bébé avec les autres. Quand ils reviennent, ils voient bien qu'un petit nouveau est installé, mais ils ne distinguent pas leurs oisillons de l'orphelin. Dans le doute, ils nourrissent tout le monde.»

Nouvelle famille

La canicule est en partie responsable des chutes des petits martinets. Le COR a soigné près de 1200 oiseaux l'an dernier, dont 1000 oisillons. «Ils se jettent du nid quand ils ont trop chaud. Une fois au sol, ils ne peuvent plus s'envoler», indique Pauline Delessert, assistante cheffe de projet environnement à l'aéroport. Samedi, 58 oisillons, transportés par groupes dans des caisses bleues, étaient candidats à l'adoption. Au final, 44 ont trouvé une nouvelle famille. «Si les nichées comportent moins de 4 petits, nous pouvons en ajouter un supplémentaire qui sera nourri par les parents, précise Julie Gyger, coordinatrice du programme martinets du COR. Les oiseaux qui n'ont pas eu de petits ne peuvent pas en adopter un, ils ne sont pas prêts.» L'opération a duré toute la journée de samedi. Oiseaux et humains ont accédé aux nichoirs en nacelle. Sur le tarmac, Carla, «stagiaire de choc», a nourri les poussins à la seringue.

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Les petits martinets tombent du nid et ne peuvent plus s'envoler. Le Centre ornithologique de réadaptation leur trouve alors une nouvelle famille.

Les petits martinets tombent du nid et ne peuvent plus s'envoler. Le Centre ornithologique de réadaptation leur trouve alors une nouvelle famille.

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Carla, recenseuse et stagiaire sur le programme martinet, s'occupe de nourrir les oisillons.

Carla, recenseuse et stagiaire sur le programme martinet, s'occupe de nourrir les oisillons.

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Les oisillons ont passé la journée sur le tarmac de l'aéroport. Ils ont faim.

Les oisillons ont passé la journée sur le tarmac de l'aéroport. Ils ont faim.

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Cohabitation surveillée

L'aéroport est un hôtel idéal pour les martinets. Le hangar à avions est spacieux et surtout très haut. Un atout pour ces animaux qui passent les deux premières années de leurs vies en vol. «Dès qu'ils sont prêts, ils quittent le nid pour l'Afrique, où ils tournent sans cesse avant de revenir au nord. Ils ne se posent que pour nidifier, explique Julie Gyger. Leur plumage doit donc être impeccable.» La cohabitation des oiseaux et des avions est attentivement surveillée par l'unité de prévention du péril animalier (PPA) de l'aéroport. «Historiquement, les nids étaient à l'avant du bâtiment, côté piste, raconte Elodie Sylvestre Lavarinaz, agent PPA. Les martinets décollaient et se nourrissaient sur les prairie de l'aéroport. Il y a une dizaine d'années, alors qu'ils étaient en Afrique, nous avons déplacé les nichoirs côté ville. Il y a beaucoup moins d'oiseaux sur le tarmac.»

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