Genève: L'aéroport joue la carte du «passager prioritaire»
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GenèveL'aéroport joue la carte du «passager prioritaire»

Un accès rapide payant aux contrôles de sûreté a été lancé fin juin. Une spécialiste y voit une hausse déguisée des prix.

par
Henri Della Casa

Lassés d'attendre une heure à la sécurité lors des grands départs en vacances? L'Aéroport de Genève propose depuis fin juin un accès rapide aux passages de sûreté, qui permet d'éviter la file. Jusque-là réservée aux voyageurs en classes supérieures, la «Priority Lane» est désormais ouverte à tout le monde, moyennant 8 francs. Avec le risque élevé que, victime de son succès, ce service connaisse un temps d'attente loin du confort escompté.

«Je doute que ce service soit efficace juste avant Noël, quand tout le monde paiera pour gagner du temps», juge Omar, un voyageur régulier. Directrice du magazine des consommateurs «Bon à savoir», Zeynep Ersan Berdoz estime que la durée maximale d'attente devrait être indiquée, afin de ne pas tromper le passager sur ses droits.

Des mesures en cas d'affluence

De fait, encore peu connu du public, ce passage prioritaire n'a pas donné le tournis aux responsables de Cointrin. «Nous n'avons pas eu d'engorgements, explique Aline Yazgi, chargée des relations extérieures. Si l'on devait remarquer un effet de vase communiquant, nous fixerions alors des mesures correctives». Histoire de maintenir l'attractivité de l'offre. «Nous travaillons à ce que tout le monde puisse avoir un service efficace», assure la responsable.

«Pourquoi ne pas plutôt ouvrir une troisième file accessible à tout le monde?», lance Zeynep Ersan Berdoz. Pour l'experte, cela démontre la tendance de faire payer toujours plus de services optionnels. «C'est par ces petites choses que l'on augmente les tarifs. Car ceux qui peuvent payer le font.»

Zurich n'est pas tenté

L'aéroport de Kloten ne compte pas introduire ce système. Sa porte-parole se targue en effet d'un temps d'attente moyen de 10 minutes jusqu'aux contrôles de sûreté. Soit le même que celui de Genève. Selon la responsable de «Bon à savoir», si les aéroports ouvrent une voie de plus vers les passages de sûreté ou augmentent leur nombre, une partie des coûts revient aux compagnies, qui imputeraient alors ceux-ci sur le prix des billets. Signe que toute charge retombe généralement sur l'usager.

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