Genève: L'affaire du restaurateur égorgé rebondit enfin
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GenèveL'affaire du restaurateur égorgé rebondit enfin

Le patron d'un commerce avait été agressé fin 2013 aux Augustins. Un mandat d'arrêt international vise un Danois.

par
Jérôme Faas / Thomas Piffaretti
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Dimanche 10 novembre 2013 au soir, les traces de sang étaient visibles sur toute la rue Pré-Jérôme.

Dimanche 10 novembre 2013 au soir, les traces de sang étaient visibles sur toute la rue Pré-Jérôme.

Lecteur reporter
La victime est très vite tombée dans le coma. Aujourd'hui, elle est hémiplégique et aphasique.

La victime est très vite tombée dans le coma. Aujourd'hui, elle est hémiplégique et aphasique.

Lecteur reporter
Lundi 11 novembre 2013, du sable avait été déversé pour éponger les traces de sang.

Lundi 11 novembre 2013, du sable avait été déversé pour éponger les traces de sang.

20 Minutes/jef

L'affaire du restaurateur portugais agressé et égorgé le 10 novembre 2013 à la rue du Pré-Jérôme rebondit. Un suspect a désormais été identifié par le Parquet genevois. Il s'agit d'un ressortissant danois, qui n'a pour l'heure pas été localisé. Un mandat d'arrêt international a été émis à son encontre le 2 février 2015, confirme le Ministère public.

En ce dimanche soir de novembre 2013, la victime était sortie de son grill de la rue de Carouge vers 21h, accompagné d'un ami, pour rejoindre sa voiture, garée à quelques dizaines de mètres. Il avait alors surpris un homme en train de la fouiller. La situation a vite dégénéré, le voleur assénant un coup de couteau à la gorge du commerçant, qui avait sombré dans le coma.

La trace ADN a ressurgi en France

Longtemps, l'enquête a piétiné. Des traces ADN avaient bien été collectées sur la scène de crime, mais elles ne correspondaient à aucun individu répertorié par la police genevoise ou Interpol. Et puis, «fin 2014-début 2015», précise Vincent Derouand, le porte-parole du pouvoir judiciaire, ce profil ADN a ressurgi, «dans une autre affaire, banale, en France, au cours de laquelle un Danois a été contrôlé, puis vite relâché.»

Victime hémiplégique et muette

«On sait qui c'est, mais on n'arrive pas à le localiser, car c'est probablement un SDF», indique Me Philippe Juvet, le curateur de la victime, qui a survécu mais qui a tout perdu. «Il est enfin sorti de l'hôpital et se trouve dans une structure de foyer-handicap. Il est hémiplégique et aphasique. C'était un travailleur, actif dans la restauration et la construction. Son petit empire et sa vie ont disparu.»

Les proches du suspect inquiets

Son possible agresseur, lui, est introuvable. Sa propre famille ne sait pas où il se trouve, rapporte un journaliste danois tournant actuellement un documentaire sur les personnes disparues. «Ses proches s'inquiètent, car ils se préoccupent beaucoup de son bien-être et qu'il ne s'était jamais montré violent auparavant.»

D'après Me Juvet, mettre la main sur un tel profil peut prendre des années. «Ce type d'individu n'a ni téléphone, ni carte de crédit. Tant qu'il ne dépose pas ses papiers quelque part ni ne se fait remarquer par la police, il échappe à tout radar.»

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