Rome: «L'affamé est au coin de la rue», rappelle le pape
Actualisé

Rome«L'affamé est au coin de la rue», rappelle le pape

François a dit jeudi devant la FAO redouter que la planète ne «s'autodétruise», par la surexploitation de ses ressources naturelles. Il a rappelé aux Etats leurs devoirs envers les «affamés».

Le pape s'est exprimé jeudi au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le pape s'est exprimé jeudi au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

«Il faut à nouveau protéger la terre pour éviter qu'elle ne s'autodétruise», a déclaré le pape devant la reine Letizia d'Espagne et un parterre de ministres rassemblés au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), à l'occasion d'une conférence internationale sur la nutrition.

Quête de dignité

«Tandis qu'on parle de nouveaux droits, l'affamé est au coin de la rue à demander d'être inclus dans la société et d'avoir le pain quotidien. C'est la dignité qu'il demande et pas l'aumône», a également affirmé le pape, dont c'était la première visite à la FAO, qui a son siège à Rome.

«Les personnes qui manquent du pain quotidien, en sont réduites à lutter pour survivre au point de ne plus se préoccuper de vie sociale ni de rapports familiaux», a-t-il observé, évoquant la dissolution des liens sociaux qui résulte de la faim.

«Il y a de quoi nourrir tout le monde, mais tous ne parviennent pas à manger, alors que le surplus et le rebut, la surconsommation et l'usage détourné d'aliments sont monnaie courante», a-t-il ajouté, dénonçant la «spéculation» dictée par la «dictature du profit».

«La nature ne pardonne jamais»

François a également souligné la gravité de la situation de l'environnement, faute de bonne exploitation des ressources naturelles. «Dieu pardonne toujours, les hommes quelquefois, mais la nature ne pardonne jamais», a-t-il lancé, alors qu'il prépare pour l'an prochain une encyclique sur la protection de l'environnement et le respect de la nature.

Lors de la première conférence organisée par la FAO sur la nutrition en 1992, plus d'un milliard d'êtres humains ne mangeaient pas à leur faim. Aujourd'hui, ce total est tombé à 805 millions, alors que la population mondiale a augmenté.

C'est la quatrième visite d'un pape à la FAO, après celles de Paul VI en 1970 à l'occasion des 25 ans de sa création, de Jean Paul II en 1992 et de Benoît XVI en 2003. (ats)

Ton opinion