«SELON CHARLIE»: L'affligeante banalité d'une vie banale
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«SELON CHARLIE»L'affligeante banalité d'une vie banale

La lucidité de Nicole Garcia sur la vie et son quotidien tombe comme un verdict implacable. Et sans appel.

Une ville banale au bord de l'océan comme il y en a partout. Un temps humide et automnal de bord de mer. Petites fourmis du quotidien, des personnages se croisent, se rencontrent, se haïssent, s'aiment ou se quittent. Chacun tente de vivre sa modeste petite vie, ou au contraire la subit, en attendant que le temps passe.

Il y a les amants. Amoureux ou pas, peu importe. Il y a l'enfant trahi, le maire adultère et râleur (Jean-Pierre Bacri, émouvant de banalité), le jeune chercheur refoulé, la petite frappe qui rate tous ses coups...

«Selon Charlie» se nourrit de tranches de vies d'hommes qui se croisent, s'entremêlent, partent vite et reviennent tard. Avec un spleen qui donne le vertige et s'engouffre dans la miséricorde humaine, Nicole Garcia se penche sur cette mosaïque sans jamais tomber dans le mélo ou la tragédie. Elle pose son kaléidoscope et observe. Elle observe ce que c'est que de vivre une vie normale.

Face à elle, l'interprétation des acteurs donne du piment à chacune des histoires. Avec en tête un Jean-Pierre Bacri toujours aussi râleur, mais beaucoup plus humble, et un Benoît Poelvoorde à l'opposé de ses rôles habituels.

Elsa Duperray

De Nicole Garcia, avec Jean-Pierre Bacri, Vincent Lindon, Benoît Magimel, Benoît Poelvoorde

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