Actualisé 24.06.2013 à 17:27

Manifs en Turquie

L'agent qui aurait tué un manifestant est libre

Un policier turc a été renvoyé lundi en justice pour avoir mortellement blessé par balle un manifestant anti-gouvernemental à Ankara mais a été laissé en liberté.

Un tribunal d'Ankara a rejeté la demande des avocats de la victime, Ethem Sarisuluk, 26 ans, qui demandaient l'incarcération du policier, se contentant de le soumettre à un contrôle judiciaire jusqu'au procès, a précisé la chaîne de télévision NTV.

Ethem Sarisulul est décédé le 14 juin des suites d'un coup de feu tiré à la tête lors d'une manifestation sur la place Kizilay d'Ankara le 1er juin. Une vidéo très largement diffusée sur les réseaux sociaux le montre s'écroulant brutalement face à un policier casqué, qui s'enfuit ensuite l'arme au poing.

Interrogé par l'AFP, le frère de la victime a dénoncé la décision de la justice de ne pas placer en détention le policier mis en cause.

«Dans ce pays, les meurtriers sont toujours remis en liberté. C'est le dernier exemple en date», a regretté Mustafa Sarisulul. «Mon frère a été abattu devant le monde entier», a-t-il ajouté, «mais nous allons continuer notre combat et porter cette affaire devant les instances internationales pour dénoncer cette illégalité et cette injustice».

Depuis le début le 31 mai des manifestations contre le gouvernement islamo-conservateur, au pouvoir en Turquie depuis 2002, quatre personnes sont mortes --trois manifestants et un policier-- et près de 8.000 autres blessées, dont plusieurs dizaines très gravement, selon le dernier bilan du syndicat des médecins turcs.

La répression de la contestation par la police turque a suscité de nombreuses critiques dans le monde entier. Mais lundi encore, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a défendu les forces de l'ordre, estimant qu'elles avaient agi de façon «héroïque». (afp)

UE: Merkel souhaite la poursuite des négociations avec la Turquie

La chancelière allemande Angela Merkel a souhaité que les négociations entre Bruxelles et Ankara se poursuivent, lundi à Berlin, alors que le climat entre les deux pays s'était tendu ces dernier jours, sur fond de tension politiques en Turquie. «Mon souhait est que nous avancions, notamment sur la question du Protocole d'Ankara qui est la barrière la plus durable» dans les négociations sur le lancement d'une nouvelle étape dans les processus d'adhésion de la Turquie à l'UE, selon Mme Merkel qui s'exprimait devant la chambre de commerce germano-turque.

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