Actualisé 01.10.2012 à 20:42

République tchèqueL'agresseur du président a agi contre le système

Pavel Vondrous, auteur de l'agression au pistolet à air comprimé contre le président tchèque Vaclav Klaus, vendredi à Chrastava, a expliqué son geste pour protester contre l'action du gouvernement et «l'ensemble du système».

«L'action du gouvernement dépasse les limites supportables par les citoyens», a affirmé à l'agence CTK ce soudeur de 26 ans originaire de Liberec (nord-ouest), selon qui le gouvernement «appauvrit les travailleurs».

L'attaque ne visait pas uniquement M. Klaus, ancien économiste libéral et un des artisans de la refonte économique après la chute du communisme en 1989, mais «l'ensemble du système», a poursuivi ce sympathisant du parti communiste (KSCM, opposition), qualifiant son geste d'«acte désespéré».

L'agresseur a tiré sept fois à bout portant sur le chef de l'Etat avec un pistolet à balles en plastique, indiscernable d'une arme véritable.

Mis en examen pour trouble à l'ordre public, il a retrouvé la liberté samedi. Il risque deux ans de prison ferme.

Plus de peur que de mal

Légèrement blessé au coude droit, le chef de l'Etat a reçu des soins à l'hôpital militaire de Prague.

La presse tchèque critique sévèrement l'inaction de sa garde rapprochée qui n'est pas intervenue lors de l'agression.

Pavel Vondrous a eu le temps de fumer une cigarette et parler aux médias, avant d'être interpellé par la police locale, à plusieurs dizaines de mètres du lieu de l'agression. Le chef du service de protection du président a annoncé samedi sa démission.

Au courant des risques

Selon CTK, l'agresseur prenait en compte l'éventualité d'être tué par la garde rapprochée. «Je n'ai jamais voulu être un martyr, je voulais seulement vivre comme un être humain», a-t-il affirmé. Il a avoué avoir préparé son geste pendant deux semaines.

«Je ne suis qu'un ouvrier ordinaire qui n'est pas habitué à faire des choses pareilles. Je m'entrainais au tir dans une forêt», a-t-il affirmé, avant de se déclarer «surpris» par les blessures subies par le président.

«J'avais testé l'arme sur moi-même», a dit Vondrous. «J'ai pu tirer déjà au moment où (Vaclav Klaus) se trouvait sur l'estrade, mais il y avait du monde autour de lui, aussi une délégation allemande», a-t-il également déclaré.

Le président Klaus a estimé lundi au journal «Dnes» que le motif de l'agression était «politique» et que l'affaire ne devrait se réduire à un débat sur les compétences de sa garde rapprochée. (afp)

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