Fribourg: L'agriculture biologique progresse lentement
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FribourgL'agriculture biologique progresse lentement

Les produits bio ont la cote, mais l'agriculture biologique un peu moins sur Fribourg.

Dans le canton, seuls 3 % de la surface agricole utile sont exploités de façon biologique contre 11 % en moyenne nationale.

En dépit de ce chiffre modeste, l'agriculture biologique est aussi en essor dans le canton de Fribourg. Le nombre d'exploitations la pratiquant a passé de 73 en 1999 à 114 en 2006, indique le «Rapport agriculture et environnement 1996-2006» récemment publié par les autorités fribourgeoises.

Alors que durant la même période, le nombre total d'exploitations agricoles a reculé de 16 %. Il a passé de 4005 à 3359 unités.

Un pavé de 144 pages

L'objectif de cette étude fouillée est d'améliorer les interactions entre agriculture et environnement. «En bonne pédagogie, il faut continuer, chez les responsables de l'environnement, à montrer ce qu'il reste à faire et, chez les responsables agricoles, à accompagner cette direction en la rendant supportable économiquement et techniquement», écrivent en préambule les conseillers d'Etat Pascal Corminboeuf et Georges Godel, en charge le premier de l'agriculture, le second de l'environnement.

Ainsi, selon qu'un constat est apprécié à l'aune agricole ou écologique, le verre est à moitié plein ou à moitié vide. Par exemple, les surfaces de compensation écologique (SCE) ont augmenté de 40 %, environ 2000 hectares, au cours des 10 dernières années.

Bémols: d'une part, leur taux actuel de 8,7 % de la surface agricole utile est inférieure à la moyenne suisse de 12 % et à l'objectif de 10 % fixé par le dernier message du Conseil fédéral sur la politique agricole.

D'autre part, 80 % des SCE en 2006 étaient des prairies extensives ou peu intensives, soit pour la plupart de faible qualité écologique. Les vergers à hautes tiges, dont la qualité est supérieure, n'ont cessé de décroître.

Quantités moindres, efficacité accrue

Même constat en demi-teinte pour les produits phytosanitaires: les quantités vendues ont diminué de 20 % en 10 ans. Il faut cependant relever que le marché s'est caractérisé ces dernières années par l'apparition de produits plus sélectifs présentant la même efficacité et écotoxicité pour une moindre quantité d'application, note le rapport.

Le volume des stockage des lisiers a quasiment doublé, mais il y a encore certaines exploitations dont la marge est insuffisante. La preuve en a été patente au cours du dernier hiver, particulièrement rude, au cours duquel l'Etat a dû consentir des dérogations à l'interdiction de répandre du lisier sur des sols enneigés ou gelés. Le déficit est estimé à 90 000 m3.

Le canton compte 9343 fosses à lisier totalisant un volume de 1,5 million de m3. Près de 60 % de ces fosses ont moins de 100m3 et sont vieillissantes, d'où un risque pour les eaux souterraines. Les nouvelles fosses sont d'un volume beaucoup plus important et couvertes.

(ats)

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