«L'aide au continent africain doit être rediscutée»
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«L'aide au continent africain doit être rediscutée»

Après les déclarations supposées de Christoph Blocher sur l'inutilité de l'aide au développement, des Africains de Suisse réagissent.

Gerome Tokpa, 35 ans, est le secrétaire du Carrefour de réflexion et d'action contre le racisme anti-Noir (CRAN). Si son association revendique son indignation face aux propos prêtés au conseiller fédéral en charge de la Justice et de la police, elle se dit en revanche prête à remettre en question la manière dont est menée l'aide au développement.

– Que pensent les Africains de Suisse de l'aide au développement? Y a-t-il un débat au sein de vos communautés?

– L'aide au développement telle qu'elle se fait aujourd'hui n'est pas adaptée aux besoins de l'Afrique. Il faut des investissements qui aident les Africains à s'aider et placent chacun devant ses responsabilités. L'aide actuelle met les Africains dans une position de dominés. Comme le dit le proverbe, la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit.

– Seriez-vous prêts à vous asseoir autour d'une table avec Christoph Blocher et Micheline Calmy-Rey, conseillère fédérale en charge des Affaires étrangères?

– C'est notre vœu. Il y a d'autres points à éclaircir. Pourquoi par exemple continuer à vendre des armes à l'Afrique? Nous savons pourtant que les conflits réduisent à néant tout effort de développement.

– Dans ce débat, les Africains de Suisse ont-ils l'impression d'être entendus? – On a surtout entendu des experts suisses, mais c'est toujours comme ça. Les médias n'interrogent que rarement les gens directement concernés. Même dans les milieux antiracistes, il y a une tendance à vouloir rester entre soi, entre Européens.

Emmanuelle Robert

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