Actualisé 16.11.2013 à 20:04

PhilippinesL'aide fait son chemin vers les survivants

Les survivants de zones isolées commençaient enfin à recevoir de l'aide, aux Philippines, samedi.

L'aide attendue par des sinistrés désespérés commençait enfin à arriver samedi dans des villes isolées depuis le typhon qui a fait des milliers de morts aux Philippines. Mais des humanitaires mettaient en garde contre l'immense défi logistique pour accéder à toutes les zones reculées. La Suisse a débloqué 6 millions de francs.

Après l'un des typhons les plus puissants à avoir jamais touché terre, les secours ont été totalement dépassés par l'ampleur du cataclysme.

Mais plus d'une semaine après, l'aide s'organise, notamment grâce au porte-avions américain George Washington. Celui-ci a mis en place des navettes incessantes d'hélicoptères et d'avions pour apporter palettes d'eau et de nourriture à Tacloban, l'une des villes les plus meurtries, sur l'île de Leyte, et dans des zones isolées. Il n'y a plus de nourriture, plus de maison ici»

«Nous acceptons un peu, et nous survivons»

A Giporlos, petite ville de 12'000 habitants sur la côte est de l'île de Samar, frappée en premier par le typhon, des hélicoptères américains on atterri samedi dans la cour d'une école en ruines avec le premier ravitaillement.

«Nous sommes très heureux même si ce n'est pas vraiment assez pour nous», a commenté une habitante, Maria Elvie Depelco. «Nous acceptons un peu, et nous survivons. Parce qu'il n'y a plus de nourriture, plus de maison ici».

Dans la ville voisine de Guiuan, des avions chargés d'aide se posaient et décollaient sans relâche sur un ancien aéroport militaire.

Unités chirurgicales d'ici quelques jours

Depuis l'arrivée de la flottille américaine de huit navires jeudi soir, 118 tonnes de nourriture, d'eau et de tentes ont été livrées, et 2900 personnes évacuées, selon l'armée américaine. Et la Croix-Rouge et Médecins sans frontières (MSF) espèrent avoir d'ici quelques jours des unités chirurgicales mobiles opérationnelles à Tacloban.

Mais «les lieux doivent littéralement être saturées d'aide», a plaidé vendredi le porte-parole régional de la Croix-Rouge Patrick Fuller. «Les gens n'ont vraiment rien. L'argent ne sert à rien ici». Et même si l'aide arrive, les plus jeunes et les plus âgés n'ont pas forcément les moyens de se déplacer là où elle est distribuée.

Bilan difficile

Au milieu de cette apocalypse, établir un bilan des victimes reste difficile. Le dernier bilan du gouvernement fait état de 3633 morts, 1179 disparus et 12'500 blessés. L'ONU avait publié vendredi le chiffre de 4460 morts. La Croix-Rouge avance le chiffre de 25'000 disparus, mais reconnaît que celui-ci pourrait inclure des survivants ayant trouvé refuge ailleurs.

Près de 13 millions de personnes ont été affectées par le typhon, dont 1,9 million ont été déplacées, et 2,5 millions ont toujours besoin d'une aide alimentaire d'urgence, a indiqué l'ONU samedi.

Communautés isolées

L'Organisation mondiale de la santé s'est, elle, inquiétée du sort de communautés isolées sur des petites îles de l'archipel. Frustrés par l'arrivée trop lente de l'aide pendant des jours, beaucoup de Philippins ayant des proches dans les zones sinistrées ont décidé d'aller sur place avec des provisions.

Remplissant des cartons de riz, de nouilles ou de bougies, certains ont pris la mer pour rejoindre en ferry la ville d'Ormoc, sur Leyte.

Importantes aides promises

De nombreux pays, des ONG et des agences internationales ont promis d'importantes aides financières et matérielles. L'ONU a récolté pour l'instant 72 millions de dollars (près de 66 millions de francs) sur les 301 millions qu'elle a réclamés.

Alors que le plus grand bâtiment de la marine britannique, un porte-hélicoptères, est attendu d'ici au 25 novembre, Londres a annoncé samedi une nouvelle contribution de 30 millions de livres (43 millions de francs) qui s'ajoutent aux 23 millions déjà promis. Et le Japon va envoyer près de 1200 soldats, des avions et des hélicoptères.

La Suisse a elle débloqué 6 millions de francs pour soutenir les opérations humanitaires. La priorité va être donnée à la construction d'abris.

Le typhon, un «avertissement»

Pour le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le typhon représente un «avertissement» incitant à prendre au sérieux le changement climatique et à «agir avant qu'il ne soit trop tard». (ats/afp)

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