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Appartement saccagésL'aide sociale gâte un couple d'arnaqueurs

Ils mettaient à sac des appartements, ne payaient pas leur loyers. Pourtant, les services sociaux leur versaient de confortables rentes.

par
Raphaël Pomey

Ils n'en étaient pas à leurs premiers méfaits! Jeudi dernier, «20 minutes» dévoilait les malheurs d'un thérapeute au bord du gouffre, forcé de payer les dégâts commis chez lui, en 2010, par des sous-locataires insolvables. Pendant des années, ce couple a fait des misères à bien d'autres bailleurs, mais aussi à des garages et des hôtels, révèlent de nouveaux documents en notre possession. Des documents qui montrent que durant longtemps, monsieur et madame B. ont été plus que soutenus par la collectivité.

Séjours grand luxe

Entre le début de l'année 2008 et la fin de 2009, un centre social régional vaudois a versé des dizaines de milliers de francs (parfois plus de 10'000 pour un mois) pour les quatre membre de la famille B., payant parfois des séjours dans des hôtels luxueux comme l'«Alpha-Palmier» de Lausanne. «Ils se cachent derrière leurs enfants pour vivre au crochet de la société», s'indigne une maman, qui a loué au couple un appartement dans une banlieue chic. Comme d'autres, elle en a eu pour des milliers de francs de réparations et de nettoyage chez elle.

Un avocat explique la tactique

Un avocat lausannois, fin connaisseur du dossier, explique leur tactique: «Ils sont beaux, sympas, mais plus enclins à toucher des aides qu'à bosser. Les gens leur font confiance. Comme leurs méfaits relèvent souvent du civil et plus difficilement du pénal, ils passent entre les gouttes, car on ne met pas les gens en prison pour des dettes. On ne peut rien leur prendre, car ils sont insolvables. Pour les coincer, il faudrait les poursuivre pour des motifs comme l'abus de confiance ou l'escroquerie.» Contactée via son avocate, madame B. n'a pas souhaité nous expliquer sa situation. Plusieurs appels sur des numéros de téléphones portables ayant récemment appartenus à son mari (les B. seraient en plein divorce) se sont également révélés infructueux.

«Des largesses dans les aides versées? Impossible...»

Un employé d’un centre social régional par lequel sont passés les B. conteste que son service puisse parfois être trop généreux. «Les contrôles sont sérieux. » Interrogé sur les nuits payés aux B. dans des hôtels de luxe, il ne commente pas le cas, mais rappelle «la pénurie du logement.» Dans un autre centre, on concède qu’il est difficile de tout savoir des «clients» qui déménagent beaucoup.

«J’ai dû menacer pour m’en sortir»

Aux prises avec monsieur B., l’été dernier, le patron d’un garage des hauts de Lausanne garde un souvenir douloureux de sa rencontre: «Il m’a fait un ordre banquaire bidon pour une voiture, j’ai perdu 10 000 fr.» Après deux mois à attendre ses sous, le garagiste est passé aux menaces. «Il m’a vite ramené le véhicule, la queue entre les jambes.»

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