Nucléaire: L'AIEA va élire le successeur de Mohamed El-Baradeï
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NucléaireL'AIEA va élire le successeur de Mohamed El-Baradeï

Un diplomate japonais effacé pourrait succéder fin novembre à l'Egyptien Mohamed el-Baradeï à la tête de l'AIEA, l'agence onusienne de lutte contre la prolifération nucléaire.

Le conseil des gouverneurs se réunira jeudi pour élire celui qui devra notamment s'occuper des dossiers iranien, syrien et de la menace terroriste.

Le passage de relais survient au moment où la nouvelle administration des Etats-Unis se déclare prête à ouvrir des négociations directes avec Téhéran sur le programme nucléaire iranien et les relations bilatérales.

Très différent de Yukiya Amano, le Sud-Africain Abdul Samad Minty brigue lui aussi la direction générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Les deux candidats sont délégués de l'agence dans leurs pays respectifs et possèdent une grande expérience en matière de non-prolifération nucléaire. Ils affirment vouloir agir en suivant les instructions du conseil des 35 gouverneurs.

Après 12 ans d'une présidence de plus en plus politisée de Mohamed el-Baradeï, les Etats-Unis et leurs alliés soutiennent en coulisses le diplomate japonais, dont Washington escompte qu'il resterait à sa place. Plus enclin à exprimer ses opinions, Abdul Samad Minty est soutenu par les membres non-alignés du conseil, qui ont souvent défendu le droit iranien à enrichir de l'uranium, malgré l'interdiction prononcée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Téhéran assure que son programme nucléaire est destiné à un usage strictement civil.

M. Amano a affirmé à l'Associated Press qu'il pensait pouvoir réunir sur son nom la majorité requise des deux tiers des voix des gouverneurs, mais M. Minty a souligné que «bien des pays disent ne pas encore avoir choisi».

Quel que soit le vainqueur, y compris un possible candidat de compromis non déclaré, il hérite d'une AIEA qui a acquis un poids considérable du fait de son rôle, d'abord dans l'inspection de l'armement en Irak puis dans celle du programme nucléaire en Iran. La Corée du Nord a pour sa part quitté l'agence pour mettre au point une bombe nucléaire, et la Syrie est soupçonnée d'avoir développé un programme nucléaire clandestin.

En 2005, les Etats-Unis de George W. Bush n'avaient pas réussi à empêcher Mohamed el-Baradeï, dont l'action a été récompensée par le prix Nobel de la Paix pour lui et son agence, de repartir pour un nouveau mandat de quatre ans. Washington voyait à juste titre une critique de la politique des Etats-Unis dans les commentaires sévères du directeur général sur la situation en Irak et en Iran. Israël reprochait lui aussi à M. El-Baradeï de se montrer trop conciliant avec l'Iran.

(ap)

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