Jura: L'Ajoie se mobilise à nouveau pour son hôpital
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JuraL'Ajoie se mobilise à nouveau pour son hôpital

L'intention de l'Hôpital du Jura de fermer les urgences sur le site de Porrentruy durant la nuit suscite l'incompréhension d'une partie de la population ajoulote.

Le dossier hospitalier menace à nouveau de s'enflammer dans le canton du Jura. Depuis plusieurs semaines, la fronde s'organise pour dénoncer le projet du conseil d'administration et de la direction de l'Hôpital du Jura (H-JU) de fermer durant la nuit les urgences sur le site de Porrentruy. Au fil des réformes hospitalières, le site ajoulot a perdu la maternité et la médecine des soins aigus pour devenir un centre de compétence en matière de rééducation.

Crainte d'un démantèlement

Le comité pour la sécurité sanitaire, qui a retiré son initiative en faveur de l'hôpital de Porrentruy en 2012 après avoir reçu des assurances du Gouvernement, remonte au front. «Nous avons le sentiment que nos droits démocratiques et ceux de 2558 citoyens et citoyennes qui ont paraphé notre texte ont été bafoués», écrit-il lundi dans un communiqué.

Le comité, qui dénonce un démantèlement programmé, a annoncé qu'il allait demander prochainement une entrevue avec le gouvernement. Son initiative populaire avait été lancée en 2009 dans la foulée de la réforme hospitalière qui établit une complémentarité entre les deux sites de l'H-JU, Delémont et Porrentruy.

Parallèlement, une pétition intitulée «Non à la fermeture des urgences, la nuit, de l'Hôpital du Jura à Porrentruy» lancée au début du mois de juillet a récolté plusieurs milliers de signatures. Le texte sera remis aux autorités cantonales avant la séance du Parlement jurassien de septembre.

Garantir la sécurité

«Il n'est pas question de fermer les urgences sans avoir étoffé la chaîne des secours», a précisé lundi à l'ats le responsable de la communication de l'H-JU Olivier Guerdat. Le plan sanitaire prévoit d'améliorer la partie préhospitalière avec la création d'un SMUR (Service mobile d'urgence et de réanimation) et la mise en place d'un service de médecins d'urgence de proximité (MUP).

Cette future organisation permettra une médicalisation des cas graves et une intervention plus rapide dans les villages éloignés, a assuré Olivier Guerdat qui réfute l'idée de démantèlement. Ces changements n'apporteront pas d'économies à court terme, mais permettront de mieux utiliser les moyens à disposition.

La direction et le conseil d'administration de l'établissement hospitalier justifient aussi cette mesure par le faible nombre de patients qui se rendent la nuit aux urgences de Porrentruy. En 2013, ce nombre s'élevait à moins de 550 consultations. (ats)

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