Actualisé 13.07.2007 à 11:20

L'alcool, premier chauffard de France

Jean-Louis Borloo a déclaré vendredi que le gouvernement ne relâcherait pas ses efforts contre l'insécurité routière, et notamment contre l'alcool au volant, devenu la première cause d'accidents mortels.

Les chiffres définitifs du bilan 2006 ont été présentés vendredi: 4.709 personnes sont mortes dans des accidents de la route, soit 11,5% de moins qu'en 2005. C'est «le fruit d'une grande cause nationale», a estimé le ministre d'Etat. La sécurité routière était en effet l'un des trois grands chantiers du quinquennat de Jacques Chirac, avec la lutte contre le cancer et l'insertion des handicapés.

Pour la première fois en 2006, la France est passée sous le seuil des 5.000 morts dans les 30 jours suivant l'accident. Mais «cette bataille n'est jamais gagnée», a insisté Jean-Louis Borloo.

Ainsi, au cours des six premiers mois de l'année 2007, 2.108 personnes sont mortes dans des accidents de la route, soit 1,9% de plus qu'au premier semestre 2006. Le ministre de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables a donc assuré au cours d'une conférence de presse que les autorités ne relâcheraient pas la pression sur les automobilistes: «Notre détermination d'aller, même si ce n'est pas populaire, au bout de ce processus, sera absolument totale».

L'alcool est devenu en 2006 le premier facteur de mortalité sur les routes: 26% des décès lui sont imputables, bien devant les 20% liés à la vitesse. Le gouvernement lancera à l'automne une campagne de prévention contre la boisson au volant. Il étudie aussi la possibilité d'équiper les voitures d'éthylomètres, reliés éventuellement à un système anti-démarrage.

Avec la multiplication depuis 2005 des radars automatiques, les conducteurs ont levé le pied. Mais la vitesse continue de faire des victimes. Jean-Louis Borloo préconise donc de poursuivre le programme de radars «sur le rythme prévu», de façon à atteindre les 2.000 machines contre environ 1.500 actuellement. Le ministre d'Etat s'est prononcé contre le retrait des panneaux signalant la présence d'un radar, expliquant que le but de l'installation était de réduire les vitesses et non d'encaisser des amendes.

Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a souligné qu'il restait des «points noirs», notamment la mortalité des jeunes et celle des motards.

Malgré une baisse de 15% en 2006, 1.037 jeunes de 18 à 24 ans ont été tués sur les routes. «C'est quand même chaque semaine une classe de terminale», a comparé M. Bussereau.

Les motards demeurent plus vulnérables que les autres usagers de la route (769 morts en 2006, malgré là aussi un recul de 13%). «Les deux roues représentent 1% du trafic mais 17% des tués», a observé le secrétaire d'Etat chargé des Transports. (ap)

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