Alger: L'Algérie pleure son premier président
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AlgerL'Algérie pleure son premier président

Ahmed Ben Bella, le premier président de l'Algérie indépendante, est mort mercredi à l'âge de 96 ans. Un deuil national de huit jours a été décrété.

Ahmed Ben Bella avait dirigé l'Algérie de 1962 à 1965

Ahmed Ben Bella avait dirigé l'Algérie de 1962 à 1965

Ahmed Ben Bella, le premier président de l'Algérie indépendante, est décédé mercredi à Alger à l'âge de 95 ans, a annoncé l'agence de presse officielle APS. Il avait été admis à deux reprises, il y a plus d'un mois, à l'hôpital militaire d'Ain Naadja, après un malaise.

Selon Mohammed Benelhadj, le biographe de l'ex-chef d'Etat algérien, «M. Ben Bella est mort à 15H00 (locales et suisses) durant son sommeil». Il était entouré de ses deux filles Mehdia et Noria, a- t-il ajouté. La présidence algérienne n'a pas encore annoncé la date des funérailles nationales.

Le ministre de l'Intérieur Daho Ould Kablia et le ministre de la communication Nacer Mehal se sont rendus au domicile du défunt, a constaté un photographe de l'AFP.

«Perte pour l'Algérie»

Le porte-parole du Rassemblement National démocratique (RND), parti du premier ministre Ahmed Ouyahia, a déclaré que le décès de M. Ben Bella «est une perte pour l'Algérie et le monde, particulièrement en cette conjoncture où l'Algérie s'engage dans un tournant historique visant à un changement pacifique (législatives du 10 mai) que le président (Ahmed Ben Bella) voulait à travers son parcours de lutte».

Le 27 septembre 1962, Ahmed Ben Bella était devenu président du conseil national de la Révolution algérienne (CNRA, chef du gouvernement). Une année après, le 15 septembre 1963, il avait accédé à la présidence de la République algérienne indépendante. Mais moins de deux ans plus tard, le 19 juin 1965, il a été renversé par son ministre de la Défense, feu le colonel Houari Boumediene.

Charismatique et populaire, M. Ben Bella aura tenté d'implanter le «socialisme autogestionnaire» après son arrivée au pouvoir en septembre 1962. Il voulait incarner aux côtés du Cubain Fidel Castro, de l'Egyptien Gamal Abdel Nasser, de l'Indien Nehru et du Chinois Mao Tsé-Toung la lutte «anti-impérialiste» et le «non- alignement» du Tiers-Monde émergent.

Plusieurs séjours en Suisse

M. Ben Bella, l'un des pionniers du déclenchement de la guerre d'indépendance contre la France, a été le premier président de l'Algérie indépendante mais a payé son engagement politique de 24 ans de prison.

Il a fait plusieurs séjours en Suisse, notamment en 1954 à Berne, où il a rencontré d'autres hauts responsables de la résistance algérienne en exil durant quatre jours. Ils ont alors décidé que la résistance passerait à l'action en novembre de cette année-là.

En 1981, gracié et libéré par le successeur de Boumediene, Chadli Bendjedid, M. Ben Bella a passé plusieurs années en Suisse, notamment à Bougy-Villars (VD), d'où il a dirigé le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA) qu'il a fondé.

L'ancien dirigeant présidait depuis 2007 le Groupe des sages de l'Union africaine. Ces dernières années, il s'était consacré à des dossiers internationaux (Palestine, Irak) et avait rejoint les «altermondialistes» dans leur lutte contre «la mondialisation capitaliste». (ats/afp)

Funérailles à Alger vendredi

Les funérailles nationales du premier président de l'Algérie indépendante Ahmed Ben Bella, décédé mercredi, auront lieu vendredi au Carré des martyrs du grand cimetière d'El Alia à Alger, après la prière du Dohr (après 13H30 locales, 12H30 GMT), selon des sources officielles.

Le président Abdelaziz Bouteflika a également décrété un deuil national de huit jours à compter de mercredi sur l'ensemble du territoire, a rapporté l'agence APS citant la présidence.

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