Actualisé 01.11.2013 à 16:22

Première en Europe

L'Allemagne légalise un troisième genre

L'Allemagne est devenue vendredi le premier pays européen à autoriser les bébés nés sans être clairement identifiés comme garçon ou fille à être enregistrés sans indication de sexe.

Les parents sont ainsi désormais autorisés à laisser vierge la case afférente sur les certificats de naissance, créant ainsi une catégorie indéterminée dans les registres d'état civil.

La mesure est destinée à atténuer la pression qui pèse sur les parents, poussés à décider en urgence d'opérations chirurgicales controversées, pour attribuer un sexe à un nouveau-né.

Des militants des droits des personnes dites intersexuées ont indiqué espérer que cette nouvelle loi permette de limiter les opérations chirurgicales.

«C'est un premier pas et un pas important dans la bonne direction», a estimé Lucie Veith de l'Association allemande des personnes intersexuées (Intersexuelle Menschen e.V).

Mais elle a assuré que la revendication principale de son association était d'«interdire les opérations génitales cosmétiques pour les nouveau-nés».

«Les opérations vont certainement continuer en Allemagne», a également assuré Silvan Agius, de l'organisation ILGA Europe qui milite en faveur de l'égalité des droits pour les homosexuels, lesbiennes, bisexuels, personnes trans- et intersexuelles. Mais «les parents peuvent déjà refuser ces opérations», a-t-elle ajouté.

Dans de nombreux pays européens, ces opérations ont lieu sans que les parents ne donnent un consentement informé, selon un rapport de la Commission européenne de 2012.

Le nombre de cas d'intersexués est estimé à une naissance sur 1500 à 2000 en Allemagne, mais il pourrait être plus élevé, en raison des difficultés de définition de l'intersexualité, tant sur un plan physique qu'hormonal.

La nouvelle loi a déjà établi le profil de cette minorité, ce qui pourrait permettre une sensibilisation accrue mais aussi, craignent certains, accroître le risque d'une discrimination.

«Il est absolument impératif que parents, éducateurs et médecins soient informés sur la vie des personnes intersexuées», a affirmé Lucie Veith.

«Le gouvernement doit prendre des mesures afin de garantir qu'aucun enfant ne sera victime de discriminations en raison de cette nouvelle loi», a-t-elle estimé.

Le Conseil de l'Europe s'est penché sur le problème pour la première fois le mois dernier en appelant les Etats membres à prendre des mesures pour «s'assurer que personne n'est incité à des traitements médicaux ou chirurgicaux superflus qui sont davantage cosmétiques que vitaux pour la santé à la naissance ou dans l'enfance».

(ats)

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