WEF 2012: L'Allemagne ne veut pas s'engager plus

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WEF 2012L'Allemagne ne veut pas s'engager plus

Angela Merkel a prononcé mercredi le discours inaugural de la 42e édition du WEF à Davos (GR). La chancelière allemande a parlé de solidarité, mais l'Allemagne ne prendra pas davantage d'engagements.

La Chancelière allemande ne veut pas faire de promesses qu'elle ne pourrait pas tenir.

La Chancelière allemande ne veut pas faire de promesses qu'elle ne pourrait pas tenir.

La chancelière allemande juge suffisants les montants actuels du Fonds européen de stabilité financière (FESF), de quelque 250 milliards d'euros, et du mécanisme européen de stabilité (MES), de 500 milliards d'euros environ), destiné à lui succéder, pour lutter contre la crise et éviter la contagion à d'autres pays.

«Les gens disent que ce n'est pas suffisant, certains disent qu'il faut le double, d'autres le triple, et alors seulement on croira à votre solidarité», a exposé Angela Merkel. «Mais est-ce encore crédible?» s'est-elle interrogée à Davos (GR) dans un discours empreint de discipline budgétaire.

Berlin défend l'euro. Mais l'Europe perdra sa crédibilité si l'Allemagne n'est pas en mesure de tenir ses promesses, a poursuivi Angela Merkel. Les déficits budgétaires ne vont pas être réduits d'un coup, cela va prendre du temps, mais nous sommes déterminés à y parvenir, a-t-elle assuré.

Agir immédiatement

La crise de la dette a également été au cœur du discours de la présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf.

Le problème des finances publiques concerne de nombreux Etats, mais heureusement pas les pays émergents. Cependant la situation est telle que cette crise constitue l'un des principaux risques pour la conjoncture mondiale et menace l'euro, a relevé la conseillère fédérale, heureuse d'ouvrir le Forum dans son canton d'origine. «L'endettement doit être ramené à un niveau supportable», a souligné la ministre des finances.

Le vieillissement de la population conduira à un surcroît des charges pour les finances publiques. La génération du baby-boom va prendre sa retraite et les générations futures vont devoir supporter un fardeau plus lourd. «Plus nous agirons avec retard, plus chères seront les mesures pour résoudre les problèmes. Nous sommes dans l'obligation d'agir maintenant», a-t-elle lancé.

Autre enjeu évoqué par Eveline Widmer-Schlumpf: la politique énergétique et environnementale. Là aussi, en cas d'inaction, ce seront les générations futures qui en supporteront les frais, a-t- elle dit.

Dans un monde de plus en plus complexe et interdépendant, des mesures doivent être coordonnées à l'échelle internationale. «Mais n'oublions pas, la responsabilité de prendre des mesures incombe aux gouvernements nationaux», a déclaré la conseillère fédérale. Et d'ajouter: «Nous ne pouvons pas fuir devant nos responsabilités et devons prendre les mesures difficiles mais nécessaires».

Accord fiscal Suisse-Allemagne abordé

Avant d'ouvrir l'événement, Angela Merkel et Eveline Widmer- Schlumpf ont eu l'occasion de s'entretenir brièvement durant une dizaine de minutes, a indiqué à l'ats le porte-parole du Département fédéral des finances (DFF), Roland Meier.

Toutes deux ont abordé l'accord fiscal entre la Suisse et l'Allemagne, que Berlin souhaiterait renégocier, a précisé M. Meier. Mme Widmer-Schlumpf a exprimé le souhait que Mme Merkel s'engage également auprès de l'Union européenne afin que Bruxelles ne remette pas en cause la validité de cet accord. (ats)

Les anti-WEF lancent des ballons météorologiques, l'armée vigilante

Les opposants au forum économique «Occupy-WEF» ont fait s'envoler mercredi à Davos quatre ballons météorologiques sur lesquels était attachée une banderole géante mentionnant «Où sont les 6,999 milliards autres leaders?»

L'armée, qui surveille l'espace aérien, n'y a vu aucun danger. «Le WEF se veut représentatif de la population mais il n'a invité qu'une vingtaine de soit-disant entrepreneurs sociaux, alors que le reste des participants provient du monde des affaires et de la politique. Nonante-neuf pour cent d'individus ne sont donc pas pris en considération», a dénoncé le collectif Occupy-WEF dans un communiqué.

Son action, censée dénoncer l'hypocrise régnant parmi les hauts dirigeants politiques et économiques du WEF, s'est faite sous surveillance de l'armée suisse. Elle aurait en effet pu présenter un danger pour les avions ou les hélicoptères qui survolent la station grisonne.

«Nous avons détecté les ballons et la banderole et nous avons immédiatement conclu qu'il n'y avait aucun risque», a déclaré à l'ats le chef de le communication de l'Etat-major de conduite de l'armée, Stefan Hofer. «Les activités opérationnelles des forces aériennes ont pu continuer en toute normalité», a-t-il ajouté.

La police a également vu les ballons sur ses radars: «Ils sont montés à environ 300 mètres puis ont été chassés par le vent, a déclaré le porte-parole de la police cantonale des Grisons, Thomas Hobi. Comme le geste n'a pas porté à conséquences, la police renonce pour l'heure à des mesures punitives.

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