Sommet de l'OTAN: L'Alliance resserre les rangs derrière Obama

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Sommet de l'OTANL'Alliance resserre les rangs derrière Obama

Le président américain a réussi samedi à rassembler ses alliés de l'OTAN derrière sa nouvelle stratégie en Afghanistan, en plaçant la barre assez bas pour éviter les défections.

Mais les Etats-Unis continueront à porter l'essentiel du fardeau de la guerre contre les talibans.

Après deux jours de sommet en France et en Allemagne, Barack Obama a recueilli des promesses de renfort se montant jusqu'à 5000 hommes.

Ce total avancé par la Maison Blanche recycle toutefois des engagements déjà pris, comme les 600 hommes annoncés par l'Allemagne. Il consiste surtout en renforts temporaires pour sécuriser l'élection présidentielle du mois d'août en Afghanistan. Le reste est destiné à former l'armée et la police afghane.

Plus d'efforts de l'UE attendus

Selon M. Obama et ses conseillers, les engagements pris par les alliés sont la réponse des Européens à sa nouvelle stratégie de mobilisation des forces en Afghanistan.

Cependant, les contributions fournies restent sans commune mesure avec le renfort de 21'000 hommes annoncé récemment par M. Obama. Cela veut dire que l'essentiel de l'effort de guerre continuera d'être assuré par les Américains.

«Pour atteindre nos objectifs, a toutefois prévenu le président américain, il va nous falloir davantage de moyens». De hauts responsables américains ont confié en privé qu'ils ne considéraient les engagements pris au sommet de l'OTAN que comme un simple «acompte» sur des efforts plus importants qu'il faudra fournir en Afghanistan.

Droit des femmes

Dans leur communiqué final, les alliés demandent au gouvernement afghan de défendre les droits des femmes. Le président Obama a jugé «exécrable» un projet de loi afghan qui envisage de réduire ces droits.

Les relations avec la Russie ont été l'autre thème majeur du sommet. La déclaration finale souligne l'importance accordée à un dialogue et à une coopération avec Moscou, malgré la multiplication des désaccords depuis un an.

Différend avec Ankara aplani

Le nouveau président étasunien, multipliant les éloges pour ses hôtes, a par ailleurs renforcé son image de diplomate d'envergure en désamorçant une querelle avec la Turquie sur le choix du prochain secrétaire général de l'OTAN.

Barack Obama a réussi à convaincre Ankara de lever ses objections à la candidature du Danois Anders Fogh Rassmusen à ce poste. Après son intervention, «M. Rasmussen m'a personnellement assuré qu'il entretiendrait un dialogue étroit avec le monde musulman, et je suis certain qu'il fera de son mieux pour éviter tout malentendu», a indiqué le président turc Abdullah Gül.

La Turquie contestait la candidature d'un Premier ministre qui avait défendu le droit d'un journal danois de publier des caricatures de Mahomet, qui avaient scandalisé le monde islamique.

Elle fustigeait aussi son refus de fermer la chaîne de télévision Roj TV, considérée par Ankara comme porte-voix des rebelles kurdes. Selon des journaux turcs, Ankara a obtenu l'assurance que Roj TV sera interdite d'émettre depuis le Danemark. Des Turcs devraient aussi être nommés à des postes clés de l'OTAN.

Violents incidents

Le premier sommet de l'Alliance en territoire français depuis 1957, qui consacrait aussi le retour en force du couple franco-allemand, a été terni par de violents incidents malgré le déploiement de quelques 10'000 policiers.

La manifestation anti-OTAN samedi à Strasbourg - 10'000 personnes selon la police, 30'000 selon les organisateurs - a dégénéré en raison de la présence de militants violents qui ont cassé et incendié des bâtiments et se sont affrontés avec la police.

Une cinquantaine de personnes ont été blessées, dont 15 parmi les forces de l'ordre et les pompiers, et un journaliste. Trois cent personnes ont été interpellées. Douze ont été placées en garde à vue.

(ats)

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