Actualisé 25.02.2011 à 17:44

ONU GenèveL'ambassade de Libye se rallie au peuple

L'ambassade de Libye à Genève auprès de l'ONU a décidé de se rallier au peuple libyen et de ne plus soutenir le régime de Mouammar Kadhafi.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a condamné unanimement vendredi les violations massives des droits humains en Libye, assimilables à des crimes contre l'humanité. Il a décidé d'une enquête internationale a recommandé la suspension de la Libye.

Le texte adopté par consensus condamne fermement les violations systématiques des droits de l'homme en Libye, dont «des attaques indiscriminées contre des civils, exécutions sommaires, détentions arbitraires, arrestation et torture de manifestants pacifiques, dont certaines peuvent être assimilées à des crimes contre l'humanité». Il demande aux autorités libyennes de respecter la volonté du peuple.

La résolution présentée par l'Union européenne (UE) a été adoptée sans opposition, malgré des réserves exprimées par quelques Etats sur la demande d'exclusion de la Libye, membre de cet organe depuis mai 2010. Formellement, c'est à l'Assemblée générale de l'ONU de prendre la décision. Des pays ont craint que cette décision ne crée un précédent.

Le Conseil a décidé d'envoyer d'urgence une commission d'enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur toutes les violations des droits humains en Libye, identifier leurs responsables et de faire des recommandations pour les traduire en justice. Les membres de la commission d'enquête seront désignés par le président du Conseil.

Soutien de la Suisse

La Suisse a exprimé son soutien à la suspension des droits de la Libye en tant que membre du Conseil des droits de l'homme et à la résolution de l'UE.

«La Suisse exprime ses condoléances aux familles des victimes et rend hommage à leur mémoire et à leur courage. Eu égard à son expérience avec les autorités libyennes, la Suisse est très consciente du courage dont ils font preuve en descendant dans la rue en Libye et en revendiquant leurs droits démocratiques», a déclaré l'ambassadeur de Suisse auprès de l'ONU Dante Martinelli.

Il a «condamné avec fermeté» les violations des droits humains qui ont eu lieu en Libye, «en particulier les exécutions extrajudiciaires de manifestants par les forces de sécurité libyennes».

Coup de théâtre

La réunion a été marquée par un coup de théâtre. Un diplomate libyen a pris la parole pour saluer les victimes de la révolution en Libye et annoncer que la mission de Libye auprès de l'ONU à Genève se rallie aux insurgés.

Le diplomate libyen Adel Shaltut, deuxième secrétaire de l'ambassade, a affirmé que la mission libyenne à Genève a décidé de représenter le peuple libyen, et non le régime de Kadhafi. Son intervention a été vivement applaudie. Le siège de la Libye était resté vide le matin à l'ouverture de la session.

Plus tôt, la Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay avait ouvert les débats en dénonçant la «poursuite alarmante de la répression» et en demandant l'arrêt du bain de sang. Elle a dénoncé «les tueries de masse, arrestations arbitraires, détentions et tortures de manifestants».

«Les attaques massives et systématiques contre la population civile peuvent être assimilées à des crimes contre l'humanité», a insisté la Haut Commissaire. Les violences perpétrées en Libye ont été dénoncées par la quasi-totalité des Etats, y compris le groupe arabe et celui de l'Organisation de la conférence islamique (OCI).

Hillary Clinton lundi à Genève

Le Conseil des droits de l'homme entamera lundi sa session régulière au niveau ministériel pour quatre semaines. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, la représentante de l'UE Catherine Ashton et le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini sont notamment attendus à Genève. (afp)

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