Suisse - espionnage: L'ambassadeur des USA devrait être convoqué
Actualisé

Suisse - espionnageL'ambassadeur des USA devrait être convoqué

Les politiciens suisses veulent une réaction de Berne sur l'espionnage américain pratiqué depuis Genève.

La Suisse doit réagir aux écoutes menées par les services de renseignements américains à Genève, exigent plusieurs parlementaires. A l'UDC, on aimerait aller jusqu'à suspendre l'application de l'accord bancaire FATCA.

Plusieurs élus demandent que Berne convoque l'ambassadeur des Etats-Unis et se fende d'une note de protestation. Interrogé par l'ats, le président de la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats Hannes Germann (UDC/SH) se rallie à ces revendications, relayées mardi par le «Tages-Anzeiger».

Mais il ne s'agit que d'une action symbolique. L'UDC pourrait s'imaginer de suspendre l'application de l'accord FATCA, qui obligera les banques suisses à transmettre dès mi-2014 aux Etats-Unis des données sur leurs clients américains. Son parti s'était d'ailleurs battu au Parlement contre ce traité.

Le mieux, selon M. Germann, serait une action coordonnée avec les Etats européens qui ont aussi cédé aux exigences américaines dans le dossier. Mais la Suisse ne devrait pas à tout prix attendre l'Union européenne pour agir.

Le président du PLR Philipp Müller n'est pas chaud. Une action menée unilatéralement n'a pas de sens. La Suisse doit réagir de manière coordonnée avec les autres Etats concernés par les écoutes. Et la question bancaire n'a rien à voir avec les services secrets.

Experts pas étonnés

Selon les dernières révélations faites lundi par l'hebdomadaire allemand «Der Spiegel», les espions américains utiliseraient une station d'écoute dans la mission américaine auprès de l'ONU à Genève. Ils auraient accès aux informations transitant par les réseaux wi-fi et par téléphones portables.

Si l'émotion est grande, les experts ne sont pas pour autant surpris. On sait depuis longtemps que les Etats-Unis exploitent les systèmes de communication, note Albert Stahel, directeur de l'Institut d'études stratégiques dans une interview à la «Neue Luzerner Zeitung».

Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a aussi souvent expliqué que Genève est une cible de choix pour l'espionnage du fait de la présence d'organisations internationales. D'autres aspects rendent la Suisse intéressante: standard technologique élevé de l'industrie, place internationale de recherche, place financière, commerce d'énergie et de matières premières, situation centrale en Europe, note le SRC dans son dernier rapport annuel.

Mesures contre les espions

La Confédération peut prendre différentes mesures contre les espions, comme discrètement intervenir auprès de leur pays d'origine. D'autres sanctions sont possibles: refus d'accréditation ou de visa, expulsion, interdiction d'entrée dans le pays et, pour les diplomates, les déclarations persona non grata.

Pour beaucoup de politiciens, le problème est moins l'acte d'espionnage que l'étendue des écoutes. Le SRC n'exclut pas que la participation d'entreprises étrangères de télécommunication aux réseaux suisses puisse être détournée par des services de renseignement étrangers.

Quant à Albert Stahel, il doute que les espions américains comprennent le suisse allemand. Et de conseiller au Conseil fédéral de s'entretenir de ses dossiers importants en dialecte haut-valaisan. (ats)

Ton opinion