Actualisé 12.04.2017 à 16:47

Suisse-TurquieL'ambassadeur turc réfute les soupçons d'espionnage

Alors que les doutes se multiplient, l'ambassade de Turquie en Suisse assure qu'il n'y a «aucune activité» d'espionnage.

L'ambassadeur turc a accordé une interview à la télévision alémanique SRF. (Mercredi 12 avril 2017)

L'ambassadeur turc a accordé une interview à la télévision alémanique SRF. (Mercredi 12 avril 2017)

Twitter/@ilhansaygili

L'ambassadeur de Turquie en Suisse réfute les soupçons d'espionnage. A la télévision alémanique SRF, Illhan Saygili se dit prêt à collaborer en tout temps avec le Ministère public de la Confédération (MPC) s'il existe des informations ou des preuves d'espionnage.

Mais «je peux vous assurer que notre ambassade n'exerce aucune activité de ce genre», déclare l'ambassadeur dans l'émission «Rundschau» qui sera diffusée mercredi soir. Le MPC a ouvert mi-mars une enquête pénale pour soupçon de renseignement politique prohibé. Des actes d'espionnage auraient été commis dans le cercle de la communauté turque en Suisse.

Lettre polémique

Début mars, les Verts suisses ont dénoncé de présumées activités de renseignement turques en Suisse. Ils ont rendu publique une lettre de l'ambassade de Turquie à Berne destinée à Ankara.

Ce courrier contenait une liste détaillée des institutions de formation et des ONG qui auraient encouragé les activités du réseau du prédicateur Fethullah Gülen. Ce dernier, exilé aux Etats-Unis, est soupçonné d'avoir commandité la tentative de putsch du 15 juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.

Le conseiller aux Etats Josef Dittli (UR/PLR) nourrit aussi des soupçons. Il a déposé une plainte pénale contre inconnu pour activités d'espionnage. Les détracteurs du régime turc font l'objet en Suisse de méthodes agressives, selon lui. Ils sont menacés physiquement et boycottés économiquement. Une adresse électronique aurait même été établie pour dénoncer les personnes critiques envers le gouvernement.

Indices d'espionnage

La presse faisait récemment état d'activités d'espionnage, à l'Université de Zurich, visant des Turcs critiques envers le régime d'Ankara. Deux hommes présents le 11 janvier à un séminaire d'histoire sur le génocide arménien auraient systématiquement filmé les participants avec un téléphone portable.

Et l'hommage rendu en décembre dernier au journaliste Can Dündar, rédacteur en chef du journal d'opposition turc «Cumhuriyet», a aussi été filmé dans l'aula de l'université avec quatre portables. A ce propos, Illhan Saygili rétorque qu'en Suisse aussi, il y a des citoyens turcs «qui représentent des positions politiques extrêmes».

Répression en Turquie

D'après Amnesty International, plus de 40'000 personnes ont été arrêtées pour soupçons de liens avec le mouvement Gülen depuis la tentative de putsch, dont plus de 120 journalistes ainsi que de nombreux députés et activistes. Environ 90'000 fonctionnaires ont en outre été licenciés, et des centaines de médias et d'ONG interdits. Mais selon l'ambassadeur, les comptes rendus sur la Turquie sont «toujours partiaux». Les individus arrêtés, surtout ceux qui se présentent comme journalistes, sont pour la plupart des partisans de «l'organisation terroriste Fetö» de M. Gülen.

Plus de 400 demandes d'asile ont été déposées en Suisse par des ressortissants turcs depuis le putsch raté, d'après le Conseil fédéral, dont quelques-unes par des diplomates. Des articles de presse ont notamment évoqué le dossier du vice ambassadeur de Turquie à Berne, Volkan Karagöz. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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