Elections américaines: «L'Amérique fait de nouveau rêver»
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Elections américaines«L'Amérique fait de nouveau rêver»

A gauche comme à droite, l'élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis soulève l'enthousiasme, ou du moins l'espoir, de la classe politique suisse.

Seul le conseiller national UDC Yves Nidegger (UDC/GE) a regretté l'échec du républicain John Mc Cain à l'élection présidentielle étasunienne, a-t-il expliqué tôt sur les ondes de la RSR mercredi. Un avis que ne partage pas Toni Brunner, président de l'UDC suisse. «Si les Etats-Unis reprennent confiance, cela aura un impact sur le monde entier», a-t-il répliqué.

Avec la crise, il est toutefois possible que les Etats-Unis penchent pour un retour au protectionnisme. «Ceci n'est pas une bonne nouvelle pour la Suisse, selon Christian Levrat, président des socialistes suisses, si les Etats-Unis ralentissent les travaux de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)».

«Malgré la peur de la récession, il faut à tout prix éviter les graves erreurs des années 30. L'ouverture des marchés mondiaux doit être maintenue», a plaidé le président des radicaux suisses, Fulvio Pelli. La Suisse doit aussi s'engager pour faire aboutir le cycle de Doha en 2009.

Attaque contre le secret bancaire

La position des Etats-Unis va aussi rester musclée sur le secret bancaire helvétique et l'évasion fiscale. «Le combat va s'intensifier, la Suisse sera touchée, même si ce sont les tribunaux qui sont en première ligne dans la lutte contre les paradis fiscaux», considère M. Levrat.

Les relations entre la Suisse et les Etats-Unis ne vont certainement pas devenir plus faciles, a dit M. Brunner. Le dialogue est nécessaire. Mais en tous les cas, la Suisse ne devra pas se laisser dicter sa politique en matière de secret bancaire.

Espoir d'un «new deal»

Pour résoudre la crise financière mondiale, nous avons l'espoir d'un «new deal» entre l'Europe et les Etats-Unis, a renchéri Ursula Wyss, présidente du groupe socialiste aux Chambres fédérales. Mais le nouveau président reste le président des Etats-Unis avant tout.

Il devrait s'attaquer en priorité aux problèmes internes comme la crise des crédits hypothécaires et une couverture maladie pour tous. «Il a certainement la vision politique et la volonté, mais les coûts sont tout simplement pharaoniques», selon M. Levrat.

«Formidable marketing politique»

Autre point positif pour la gauche: M. Obama redonne à l'Etat un rôle d'acteur dans les domaines économique et de politique sociale, a poursuivi M. Levrat: «il est en cela clairement un social- démocrate». Mais le président du PS reste sur la retenue dans la mesure où l'élection du 44e président des Etats-Unis relève avant tout «d'un formidable marketing politique».

Nous sommes au stade «de l'espoir et pas encore d'un aboutissement», a renchéri M. Levrat. Le PS comme les Verts se demandent si le nouveau leader américain va tenir les promesses qu'il a faites pendant la campagne.

Renforcement de l'ONU

Plus positive, Mme Wyss estime que «l'ONU pourrait reprendre du poids avec le soutien des Etats-Unis». «L'espoir est grand d'une ouverture plus large au monde», a renchéri M. Darbellay, «touché plus qu'il ne le pensait par cette élection».

«Rassembleur, centriste, Barack Obama a une vision pour l'Amérique. Son élection, celle d'un métis encore inconnu il y a quatre ans, suscite l'espoir aux Etats-Unis comme dans le monde dans un moment de crise», a-t-il conclu.

(ats)

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