Affaire DSK: L'«ami» de DSK veut légaliser les bordels
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Affaire DSKL'«ami» de DSK veut légaliser les bordels

Le Français Dominique Alderweireld, dit «Dodo la Saumure», va réclamer la «tolérance» pour les maisons closes qu'il tient en Belgique lors d'un procès qui s'ouvre jeudi à Tournai.

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L'essentiel
"Dodo la Saumure" serait également impliqué dans l'affaire du Carlton de Lille.

"Dodo la Saumure" serait également impliqué dans l'affaire du Carlton de Lille.

Dominique Alderweireld, dit «Dodo la Saumure», est également cité, comme Dominique Strauss-Kahn, dans l'affaire du Carlton. «L'argument principal, c'est qu'il y a depuis plusieurs décennies une tolérance en Belgique en matière de prostitution et de proxénétisme et qu'il faut l'appliquer à tout le monde, ou alors à personne», a expliqué l'un de ses avocats, Étienne Wéry.

Dominique Alderweireld, qui a tiré le surnom de «Dodo la Saumure» en référence au bain salé dans lequel sont plongés... les maquereaux, tient depuis des années des «bars montants» et autres «salons de massage» dans plusieurs localités belges situées le long de la frontière française. Des dizaines de jeunes femmes y ont été employées aux yeux de tous par ce natif du nord de la France, ancien promoteur immobilier âgé de 62 ans. Les autorités belges en particulier ne pouvaient pas ignorer que l'un de ses bars à hôtesses était installé en face des locaux de la Police judiciaire (PJ) de Tournai, relève Me Wéry.

Détenu depuis octobre

Après des années où il n'a pratiquement pas été inquiété, «Dodo» va devoir répondre, devant le tribunal correctionnel de Tournai, aux côtés de sept autres prévenus, de la tenue de «maisons de débauche ou de prostitution» entre 2000 et 2009. Le parquet l'accuse en outre d'avoir profité de la «situation vulnérable» de plusieurs prostituées et d'avoir été en possession ou vendu de la cocaïne. Il encourt une peine de 5 à 10 ans de prison.

Dominique Alderweireld pourrait bientôt quitter la prison d'Ypres (nord-ouest), où il est détenu depuis octobre dans le cadre d'une enquête sur des faits similaires commis après 2009, puisque la justice belge a ordonné mardi sa libération contre une caution de 75 000 euros. Mais, qu'il ait rassemblé la somme ou pas d'ici jeudi, il devrait être présent à l'ouverture du procès de Tournai, selon ses avocats. Me Wéry a toutefois expliqué qu'il demanderait immédiatement une «remise» du procès à une date ultérieure, en arguant qu'il n'a pas pu rencontrer son client pour préparer correctement sa défense en raison de son incarcération.

Une «notoriété» qui risque de lui coûter cher

Sur le fond, Étienne Wéry explique dès à présent que, si le code pénal belge proscrit toujours la prostitution et le proxénétisme, «il n'y a plus aucune poursuite depuis des décennies à l'égard des prostituées, des proxénètes, des personnes qui exploitent des maisons de débauche». Dès lors, pourquoi «Dodo la Saumure» est-il dans le collimateur de la justice? «Il m'a dit avoir peut-être commis une imprudence en accordant des interviews aux chaînes de télévision française «M6» et «TF1»», avance Me Wéry.

Une «notoriété» qui risque de lui coûter cher et qui s'est encore accrue depuis que son nom est cité dans l'affaire de proxénétisme du Carlton de Lille, notamment en raison de ses relations avec le chargé d'affaires de l'hôtel, René Kojfer, mis en examen en France pour proxénétisme. Un dossier où le nom de l'ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a également été cité par plusieurs protagonistes mais dans lequel Dominique Alderweireld n'a pas été mis en examen, ni même entendu, par les enquêteurs lillois.

(L'essentiel/20 minutes/afp)

«Dodo la Saumure» et DSK

À 62 ans, ce natif du nord de la France, ancien promoteur immobilier, est soupçonné d'avoir fourni des prostituées employées dans les nombreux bars à hôtesses qu'il exploite en Belgique à des clients d'hôtels de luxe lillois, dont le Carlton. Certaines de ces jeunes femmes ont affirmé avoir participé à des parties fines avec Dominique Strauss-Kahn, ainsi qu'à des voyages à Washington pour rendre visite à l'ex-patron du FMI. Depuis sa prison d'Ypres, dans le nord de la Belgique, où il est incarcéré depuis octobre, dans le cadre d'une autre enquête, il nie toute implication dans cette affaire très médiatisée. Il a dénoncé «une orchestration politique destinée à impliquer la gauche».

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