«L'ancien ami de ma fille n'était pas un monstre»
Actualisé

«L'ancien ami de ma fille n'était pas un monstre»

Morges. La mère de la fille de 20 ans, abattue vendredi par son ex, a accepté de témoigner.

C'est une femme envahie par la douleur, mais d'une grande dignité, qui nous a brièvement accueillis hier matin. Dans son salon, de nombreuses photos de famille trônent sur les meubles. Certaines montrent sa fille, Aylin. Etudiante en droit à l'UNIL, elle a été assassinée dans son appartement lausannois avec un pistolet militaire volé par son ex-copain. Agé de 23 ans et inscrit en HEC, il a ensuite retourné l'arme contre lui («20 minutes» du 19 octobre).

Les larmes aux yeux, la maman d'Aylin dépeint sans aucune haine le meurtrier de sa fille comme un bon garçon. «Que s'est-il passé dans sa tête pour agir ainsi? On dirait l'acte d'un désespéré qui a perdu les pédales.» Le jeune homme était-il jaloux? Avait-il déjà proféré des menaces à l'égard d'Aylin, qui avait mis fin à leur couple il y a peu? «Ma fille était chez moi jeudi soir. Elle ne ressentait aucune peur. D'ailleurs, elle a ouvert la porte de son appartement le lendemain, en fin d'après-midi, pour le laisser entrer sans crainte.» Et d'évoquer les origines afghanes du garçon: «On décrit la religion pratiquée dans ce pays comme extrémiste, allez savoir...» Quant aux obsèques d'Aylin, ce vendredi à Morges, c'est une façon pour ses parents de permettre à ses amis de lui rendre ensemble un dernier hommage. «J'ai eu la mère du garçon au téléphone. Je pense qu'elle est plus à plaindre que moi après ce double drame...»

(Frédéric Nejad)

Ton opinion