Genève/Fribourg: L'ancien curé traité de «pervers sexuel» débouté
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Genève/FribourgL'ancien curé traité de «pervers sexuel» débouté

Eclaboussé par des dénonciations d'abus sexuels, un ecclésiastique a vu toutes ses plaintes pour calomnie balayées par le Tribunal fédéral (TF).

L'homme d'église, jadis curé dans une paroisse catholique, avait bénéficié d'une décision de classement de la justice genevoise. En 2010, le Collège des juges de l'Officialité du Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg avait reconnu le prêtre coupable d'«abus sexuels sur des personnes de sexe féminin sous direction spirituelle et d'incitation à des actes sexuels durant la confession».

Frappé d'une mesure de mise à l'écart de tout ministère sacerdotal, l'homme avait recouru. Il avait obtenu de la Congrégation pour la doctrine de la foi la substitution de la peine par le prononcé de restrictions «opportunes» afin de protéger «le bien des fidèles».

Infractions prescrites

Parallèlement, les autorités pénales genevoises avaient été saisies d'une dénonciation des autorités ecclésiastiques. La procédure avait abouti à une ordonnance de classement prononcée en 2008, notamment en raison de la prescription des infractions dénoncées, les faits incriminés remontant aux années 1991 et 1992.

En 2012, l'ancien curé avait déposé plusieurs plaintes pour calomnie non seulement contre les personnes qui avaient témoigné contre lui, mais aussi contre un psychiatre et contre les membres du Collège de l'Officialité du diocèse de Lausanne, qui l'avaient frappé d'une mesure de mise à l'écart de l'état clérical.

«Sadique et pervers sexuel»

L'homme d'Eglise avait reproché au psychiatrique de l'avoir décrit comme un être «narcissique, psychopathologique, sadique et pervers sexuel». En décembre 2013, le Tribunal cantonal fribourgeois avait confirmé la décision du Ministère public fribourgeois, qui avait refusé d'entrer en matière sur les diverses plaintes pour calomnie.

L'instance cantonale a notamment relevé qu'aucun élément concret ne permettait de fonder le soupçon d'un complot contre le prêtre, dont les membres du Collège de l'Officialité auraient fait partie. En dernière instance, le TF n'entre pas en matière sur les recours de l'ancien curé et déclare l'ensemble des recours irrecevables.

Sanctionné par Mgr Morerod

Responsable de la communication du Diocèse, Laure-Christine Grandjean a indiqué que le prêtre vit aujourd'hui hors de Suisse et qu'il a été interdit par Mgr Morerod de tout ministère dans le diocèse.

A la suite de sa mise à l'écart, l'ecclésiastique avait attaqué l'Eglise catholique romaine lui reprochant de ne pas avoir protégé sa personnalité. Le Tribunal des Prud'hommes de Genève lui avait alloué un franc symbolique de réparation pour tort moral en mars 2013.

«Ce franc symbolique concerne la relation employeur/employé mais n'est pas lié à la nature des faits jugés par le TF qui relèvent du droit pénal», a précisé Laure-Christine Grandjean.

(ats)

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