Actualisé 26.10.2009 à 21:01

Genève

L'ancien golden boy se retrouve face à ses juges

Didier Piguet doit répondre d'escroquerie. Il aurait creusé un trou de 100 millions.

de
Valérie Duby

On le disait «hors de Genève». Didier Piguet sera bien là, mercredi, devant la Cour correctionnelle. Il devra notamment répondre d'abus de confiance, d'escroquerie, de gestion fautive et de faux dans les titres. L'acte d'accusation est long de plus de 600 pages. On lui reproche un trou de l'ordre de 100 millions dans sa société Golden Lion. Près de 200 plaintes ont été recensées, dont celle de Gérard Castella, ancien entraîneur du FC Servette.

L'histoire de Didier Piguet est celle d'un golden boy des années 1990. A l'époque, le Vaudois vit la grande vie. Vice-président du FC Servette, il invite beaucoup. Ses amis. Ses clients. «Ses» joueurs. Ses déjeuners lui coûtent 2000 fr., ses dîners dans les 20 000. En 2002, il acquiert pour plus d'1 million deux Porsche, une Mercedes, une Ferrari, une Aston Martin. Piguet a une chambre à l'année à l'Hôtel Président Wilson. Il délaisse sa clientèle privée pour le foot. Commence la descente aux enfers: il truque les comptes de ses clients. «Il y a une vraie dimension dramatique à tenter de compenser sa misère morale avec des artifices financiers», commente son avocat, Me François Canonica.

Théoriquement, Didier Piguet risque plus de cinq ans de prison. Il s'était livré à la justice en 2003. Remis en liberté, il a été arrêté à deux reprises depuis lors. Didier Piguet sera jugé en même temps que l'un de ses anciens collaborateurs.

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