Actualisé 04.02.2009 à 08:40

Colombie

L'ancien gouverneur libéré par les FARC fustige le président

L'ex-otage de la guérilla colombienne des FARC, Alan Jara, libéré mardi, a accusé le président colombien Alvaro Uribe de n'avoir «rien fait» pour la libération des otages.

Il a souhaité une «solution politique» au conflit colombien.

«Je suis profondément convaincu qu'Uribe n'a rien fait pour notre liberté», a déclaré l'ancien gouverneur, libéré mardi après sept ans et demi dans la jungle, au cours d'une conférence de presse à Villavicencio, ville située à une centaine de kilomètres à l'est de Bogota. «Il semblerait que la guerre convienne au président Uribe», avait-il déclaré un peu avant.

Enlevé le 15 juillet 2001

Alan Jara avait été enlevé le 15 juillet 2001, un an avant l'élection de l'actuel président colombien qui a depuis mis en place une «politique de sécurité démocratique», ayant considérablement renforcé la pression militaire sur la guérilla.

Sur le conflit qui oppose depuis plus de quarante ans la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) à l'armée, l'ex-otage a estimé que «la solution était politique». «Ces dernières semaines, j'ai marché et j'ai pu vivre la vie quotidienne de la guérilla, et les FARC ne sont pas vaincues», a-t- il assuré.

Beaucoup de jeunes

L'ex-gouverneur, qui a expliqué avoir cheminé pendant sept semaines jusqu'au point de rendez-vous entre la guérilla et la commission composée notamment de membres du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) venue le chercher, a ajouté que «beaucoup de jeunes continuaient à rejoindre» les FARC.

«Un échange humanitaire (entre otages et guérilleros capturés par les autorités, ndlr) est urgent. On ne peut pas attendre plus longtemps. (Les otages) pourrissent dans la jungle».

Alan Jara, 51 ans, a aussi estimé que les opérations militaires «ne débouchaient que sur la mort», assurant qu'il avait davantage peur de l'armée que de la guérilla. Il fait partie d'un groupe de six otages politiques que les FARC se sont engagées à libérer dans un communiqué diffusé le 21 décembre.

Trois policiers et un soldat de ce groupe ont été libérés dimanche.

(ats)

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