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Locataire - GenèveL'ancien maire défendu par un ex-maire avocat

Contraint d'acheter son appartement ou de le quitter, l'ancien chef de l'exécutif a pris son ancien collègue pour éviter l'expulsion.

par
dti

«Voilà 28 ans que je suis ici, témoigne Pierre Muller, ancien maire libéral de la Ville. J'y ai fondé ma famille et je me battrai jusqu'au bout pour y rester.» L'ex-maire est défendu par son ancien collègue du Conseil administratif, Me Christian Ferrazino, lui-même chef de l'exécutif en 2003-2004.

«Nous avons tous fait opposition, explique de son côté Danièle Magnin, conseillère municipale MCG. Je paie 5300 fr. de loyer mes 325 m2, qui me servent d'appartement et de bureau. Je rêve d'y rester.» Comme tous les locataires de la vingtaine de logements que compte le bâtiment, les deux élus ont décidé de se battre.

Mis devant le fait accompli, «leur» immeuble cossu des 10, 12 et 14 avenue de Champel a été racheté en 2009 pour 35,2 millions de francs par de nouveaux propriétaires. Du coup, tous les baux ont été résiliés. Révélée en novembre par le «Matin Dimanche», l'affaire fait grand bruit dans la République. Leur choix? Débourser 4 millions ou quitter les lieux…

Danièle Magnin ajoute avoir proposé sans succès le rachat de son appartement pour 1, 4 million. Pour se défendre, chaque locataire a fait appel à un avocat. Selon nos informations, six appartements ont déjà été vendus au prix souhaité par le propriétaire. Deux logements occupés par des seniors seront mis en vente une fois les locataires décédés.

Les grands locatifs en vente

Après six ans de procédure, une nonagénaire va être expulsée de son appartement. A l’image de ce qui se passe à l’avenue de Champel, son logement avait été vendu à des tiers après que l’immeuble eut changé de propriétaire et de statut, révélait hier la «Tribune de Genève». La loi genevoise interdit ce genre de pratique pour autant que les logements ne dépassent pas sept pièces.

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