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FranceL'ancien ministre Jérôme Cahuzac exclu du PS

Le Parti socialiste a décidé de se passer des services de son ex-ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, éclaboussé par un scandale de fraude fiscale.

L'ancien ministre français du Budget, Jérôme Cahuzac, a été exclu mardi du Parti socialiste. La décision a été prise à l'unanimité de la direction du parti en raison de la détention de compte dissimulé à l'étranger pour frauder le fisc.

Ce sont des «actes inacceptables pour un élu de la République et un membre du gouvernement», souligne le parti dans un communiqué. Jérôme Cahuzac «a porté gravement préjudice au Parti socialiste, et à ses principes», selon ce texte.

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, avait estimé dès la semaine dernière, juste après les aveux de l'ancien ministre du Budget, que Jérôme Cahuzac s'était «exclu de fait du Parti Socialiste» et qu'il n'en était plus membre.

Il ne peut pas revenir

L'affaire a ébranlé en profondeur les militants socialistes ainsi que la direction du PS. Elle devrait être largement abordée lors du prochain Conseil national (parlement) du PS, samedi prochain à Paris.

Harlem Désir a également estimé lundi qu'il serait «totalement insensé» que Jérôme Cahuzac puisse revenir à l'Assemblée nationale. «Il ne peut pas revenir dans cette assemblée devant laquelle il a menti de façon aussi effrontée, aussi cynique», a-t-il déclaré sur i-Télé.

Selon le baromètre mensuel Ifop - Paris Match publié mardi, la cote de popularité de Jérôme Cahuzac s'est effondré en avril avec 12% des Français qui disent avoir une bonne opinion de lui, ce qui le place à la 50e et dernière place des personnalités politiques,

Jérôme Cahuzac perd 21 points de bonnes opinions en un mois (33% en mars), et enregistre le taux de mauvaises opinions le plus élevé (81%) depuis la création du baromètre, selon l'Ifop. Le rejet à son encontre «est massif quelles que soient les catégories de po (ats/afp)

Le boss de Reyl entendu

Le directeur général de la banque genevoise Reyl et Cie, qui gère le compte non déclaré de Jerôme Cahuzac en Suisse, a été entendu à sa demande mardi à Genève par le procureur Yves Bertossa, rapporte le quotidien Le Temps sur son site internet.

François Reyl a souhaité «démentir les contre-vérités qui ont été énoncées ces derniers jours», écrit le quotidien genevois. Il a donné «son accord pour que le procés verbal de cet entretien soit immédiatement transmis aux juges d'instruction français», ajoute Le Temps.

La banque Reyl et Cie rappelle à cette occasion le communiqué la semaine dernière du parquet de Genève qui a enquêté à la demande de la justice française pour confirmer l'existence d'un compte bancaire suisse non déclaré de l'ex-ministre français du Budget. Le parquet soulignait qu'en l'absence d'infraction punissable commise au regard du droit suisse aucune procédure pénale n'a été ouverte à Genève.

Les médias suisses ont affirmé ce weekend que Jérôme Cahuzac avait produit un faux certificat fiscal à la banque privée suisse Julius Baer pour obtenir en 2009 le transfert de ses fonds dans sa succursale à Singapour. Dimanche la télévision publique suisse (RTS) avait pour sa part affirmé que M. Cahuzac avait cherché en 2009 à transférer 15 millions d'euros à Singapour essuyant un refus d'un établissement bancaire non identifié. M. Cahuzac avait déclaré que 600.000 euros étaient déposés sur son compte, un chiffre indirectement confirmé par le procureur Bertossa.

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