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L'ancien président Fujimori extradé vers le Pérou

SANTIAGO, Chili - L'ancien président Alberto Fujimori est arrivé samedi au Pérou à bord d'un avion en provenance du Chili au lendemain de la décision de la Cour suprême chilienne autorisant son extradition.

Il devra répondre d'accusations de corruption et d'abus des droits de l'Homme.

L'appareil de la police péruvienne envoyé pour récupérer l'ancien chef d'Etat, âgé de 69 ans, a décollé peu avant 9h du matin (13h GMT) de l'aéroport de Santiago du Chili à destination de Lima. Il s'est posé un peu plus tard sur la base aérienne de Las Palmas.

M. Fujimori est descendu de l'avion vêtu d'un long pardessus et a immédiatement pris place dans un hélicoptère qui l'a emmené au quartier général d'une force d'élite de la police. Selon les médias locaux, il y restera jusqu'à ce qu'un lieu permanent de détention ait été préparé.

Environ 700 partisans de l'ancien chef de l'Etat qui s'étaient réunis à l'aéroport de la police péruvienne de l'autre côté de la ville ont réagi avec frustration à la nouvelle que l'avion avait été détourné vers la base militaire.

«Nous sommes venus pour souhaiter la bienvenue à Fujimori, pour lui dire que nous sommes avec lui et que nous l'accompagnerons où qu'il aille, afin qu'il sente qu'il a le soutien de son peuple», a déclaré à l'Associated Press sa fille Keiko Fujimori, par ailleurs membre du Congrès péruvien depuis 2006.

L'extradition de M. Fujimori, autorisée vendredi par la Cour suprême chilienne vendredi, a provoqué des réactions très partagées au Pérou. Certains pensent que l'ancien président, qui a fui son pays il y a sept ans alors que son gouvernement s'effondrait dans le scandale, doit être jugé pour la répression sanglante de l'insurrection maoïste du Sentier lumineux durant son mandat, de 1990 à 2000.

Mais M. Fujimori garde la faveur de certaines parties de la population. Un récent sondage montrait que 23% des Péruviens souhaitent son retour sur la scène politique.

D'autres encore voient d'un mauvais oeil son retour sur le territoire péruvien, craignant que sa présence devienne un facteur de déstabilisation dans un pays qui sort de plusieurs dizaines d'années de chaos politique et économique.

M. Fujimori jouissait d'une forte popularité pour avoir réussi à stabiliser l'économie et à défaire la violente insurrection maoïste, mais était tombé en disgrâce lorsque ses méthodes sont devenues de plus en plus autoritaires et que des affaires de corruption ont fait surface.

Les procureurs péruviens souhaitent le voir condamné à 30 ans de prisons pour abus des droits de l'homme, dont 25 exécutions que M. Fujimori est accusé d'avoir personnellement sanctionnées. L'ancien président encourt par ailleurs jusqu'à dix ans de prison pour des faits de corruption. En vertu de la législation péruvienne, les peines de prison seraient purgées simultanément.

M. Fujimori avait créé la surprise en atterrissant en novembre 2005 au Chili, où il avait annoncé son intention de se présenter à l'élection présidentielle l'année suivante, malgré le fait que le Congrès lui avait interdit de briguer tout mandat électif jusqu'en 2011. Avant son départ du Chili vendredi, il avait encore déclaré qu'il pourrait revenir en politique, ou laisser un héritier -peut-être sa fille- incarner son mouvement politique à la prochaine présidentielle en 2011.

Ressortissant japonais par ses parents émigrés, M. Fujimori avait passé cinq ans au Japon avant de se rendre au Chili, où il avait été immédiatement arrêté et confiné à domicile en attendant la décision de la Cour suprême sur son extradition. AP

Monte Hayes

ca/sb/v224/cr/v460/mgh/v471 (ap)

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