Mondial 2010: L'Angleterre veut stopper la série noire
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Mondial 2010L'Angleterre veut stopper la série noire

Les confrontations entre Anglais et Allemands se sont souvent révélées épiques. Dimanche, le match choc ne fera pas exception.

En 1966, l'Angleterre marquait en finale de la Coupe du monde un but qui crée encore aujourd'hui la controverse. Ce fut le dernier succès majeur des Anglais contre la Mannschaft en compétition majeure.

En 1966, l'Angleterre marquait en finale de la Coupe du monde un but qui crée encore aujourd'hui la controverse. Ce fut le dernier succès majeur des Anglais contre la Mannschaft en compétition majeure.

L'Angleterre sera «difficile à battre» dans le Mondial 2010, a prévenu son capitaine Steven Gerrard avant le 8e de finale contre l'Allemagne dimanche. «Si on réussit à faire ce qu'on nous demande, on sera difficile à battre, comme cela a été le cas contre la Slovénie» (victoire 1-0 mercredi), a déclaré Gerrard, dont l'équipe a repris l'entraînement jeudi dans son camp de base de Rustenburg.

«Je continue à croire que l'on peut gagner ce Mondial», a de son côté déclaré l'ailier Joe Cole. «Je crois que c'est notre tour», a poursuivi le joueur qui n'a «jamais pris part à un match aussi tendu» que contre les Slovènes. «J'ai joué dans des finales de Ligue des Champions et de Coupe d'Angleterre, mais cela n'a rien à voir.»

«On éprouve un grand soulagement, parce que l'équipe était sous pression et que nous sommes si contents d'être qualifiés», a reconnu Gerrard.

«Si on a le déclic et si on joue près de notre potentiel, on peut rivaliser avec n'importe qui. On peut espérer, si on joue comme contre la Slovénie, si on reste soudé, si on continue d'essayer de progresser en écoutant le sélectionneur», a poursuivi Gerrard.

«Si on joue comme contre l'Algérie (0-0), je ne pense pas qu'on se verra offrir une nouvelle chance», a-t-il toutefois mis en garde.

«On doit trouver un peu plus d'équilibre. On voulait gagner et montrer un peu de passion et d'agressivité.»

L'Angleterre, qui a l'ambition de remporter le tournoi, a terminé 2e de son groupe, ce qui lui offre un parcours extrêmement ardu vers la finale. Si elle bat l'Allemagne, elle affrontera le Mexique ou l'Argentine en quarts. En demi-finale, elle pourrait trouver sur sa route le Brésil ou l'Espagne.

«Plutôt le Ghana»

L'attaquant anglais Jermain Defoe a reconnu jeudi que plusieurs de ses équipiers auraient préféré affronter le Ghana que l'Allemagne en 8e de finale du Mondial 2010. L'Angleterre ayant terminé deuxième du groupe C, elle doit affronter l'Allemagne qui a remporté le sien (D) devant le Ghana.

Quand ils ont appris l'identité de leur prochain adversaire, «certains gars ont évidemment dit qu'ils auraient préféré affronter le Ghana, sans lui manquer de respect», a reconnu Defoe, auteur du but de la victoire contre la Slovénie, synonyme de qualification.

«Dans les grands tournois, l'Allemagne est toujours présente, avec des jeunes qui viennent des Espoirs. Ils sont très bien organisés, en forme. L'Allemagne est une grande nation de football», a reconnu l'attaquant de Tottenham.

«Mais nous sommes aussi une grande équipe. On l'a montré dans un match difficile, disputé sous une immense pression», a poursuivi Defoe qui a éludé une question d'un journaliste sur le «ballon allemand» utilisé dans le Mondial.

En début de Mondial, le défenseur Jamie Carragher avait jugé que le «Jabulani», le ballon mis au point par Adidas, offrait un «avantage» aux Allemands parce que plusieurs clubs de Bundesliga l'utilisaient depuis plusieurs mois.

Sécurité accrue

La police sud-africaine a indiqué jeudi qu'elle allait renforcer son dispositif de sécurité pour la 8e de finale du Mondial de football entre l'Allemagne et l'Angleterre, dimanche à Bloemfontein (centre). «Il y a eu de l'animosité entre les deux équipes dans le passé et évidemment, nous allons prendre cela en considération pour nos déploiements», a déclaré à l'AFP la porte-parole de la police nationale, Sally de Beer.

«Il pourrait y avoir un peu de tension entre les supporteurs des deux équipes, a-t-elle ajouté. La police considère que le profil des deux équipes impose de renforcer les mesures de sécurité pour le match.»

La dernière fois que les deux équipes se sont rencontrées, lors de l'Euro 2000 en Belgique, les rues de Charleroi s'étaient transformées pendant deux jours en champ de bataille. Plus de 500 hooligans avaient été arrêtés pour ces affrontements.

La police sud-africaine travaille cette année avec ses homologues britanniques et allemands pour éviter qu'une telle scène ne se répète.

«Ils surveillent le comportement de leurs fans et s'ils repèrent un début d'agitation, ils nous alertent et nous traitons le problème ensemble», a expliqué Mme de Beer.

L'Afrique du Sud a recruté environ 44'000 personnes supplémentaires pour assurer la sécurité des matches et des supporteurs de cette première Coupe du monde sur le continent. (si/afp)

Duel historique

Le choc Angleterre-Allemagne dimanche à Bloemfontein en 8e de finale du Mondial-2010, sera un nouvel épisode dans la saga de l'une des plus vieilles rivalités du football.

14 mai 1938. Berlin. Amical. Seize mois avant la guerre, cette victoire de l'Angleterre (6-3) reste vécue comme une honte nationale. Les partenaires de Stanley Matthews y font le salut hitlérien durant les hymnes nationaux, image dont la propagande nazie fait le meilleur usage.

30 juillet 1966. Londres. Finale du Mondial. Pour l'Angleterre, il n'y a pas de doute: la tête de Geoff Hurst (auteur d'un triplé) a franchi la ligne et son titre mondial ne souffre d'aucune contestation. Pour les Allemands, battus (4-2) après prolongation, un but douteux restera à jamais un «Wembley Tor».

14 juin 1970. Leon (Mexique). Quarts du Mondial. Cette fois ce sont les Allemands qui sortent victorieux de la prolongation (3-2). Les Anglais menaient pourtant (2-0), mais Franz Beckenbauer et Uwe Seeler répliquent avant que Gerd Müller n'emporte la mise. «On avait une revanche à prendre», jubile Seeler.

29 avril 1972. Londres. Tour préliminaire de l'Euro. Ce jour-là, l'Angleterre, battue 3-1 à Wembley, réalise «de manière irréfutable qu'elle n'est plus la meilleure équipe du monde», écrit Jonathan Wilson dans «The Anatomy of England» (éd. Orion, 2010). Archaïque, l'équipe d'Alf Ramsey prend une leçon technique et tactique de Beckenbauer, Uli Hoeness, Müller et consorts. «Ce match était une immense partie de plaisir, c'est ce jour-là que l'équipe qui allait remporter l'Euro est née», expliqua après coup Gunter Netzer.

4 juillet 1990. Turin, Italie. Demi-finale du Mondial. La grande équipe allemande, en route vers le sacre, est favorite contre une Angleterre laborieuse en poules, victorieuse après prolongation de la Belgique et du Cameroun. Gary Lineker répond en fin de match à Andreas Brehme. Mais Stuart Pearce et Chris Waddle ratent leur tir au but, un exercice qui va devenir un traumatisme récurrent pour les Anglais, battus (1-1, 4 t.a.b à 3).

26 juin 1996. Londres. Demi-finale de l'Euro. Cette fois, Gareth Southgate rate le tir au but décisif. L'Allemagne gagne (1-1, 6 t.a.b. à 5). «Le football se joue à onze contre onze et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne», résume l'Anglais Gary Lineker dans une phrase restée célèbre.

17 juin 2000. Charleroi (Belgique). Poules de l'Euro. Pendant que leurs supporteurs s'affrontent dans les rues, l'Allemagne et l'Angleterre offrent l'image de deux sélections en crise. Le but d'Alan Shearer pour la victoire anglaise (1-0) est anecdotique et les deux équipes sont éliminées. Traumatisée, l'Angleterre va pour la première fois nommer un sélectionneur étranger pour reconstruire (Sven Goran Eriksson). Après une finale en trompe-l'oeil lors du Mondial 2002, l'Allemagne ne repartira de l'avant qu'après le fiasco de l'Euro 2004.

1er septembre 2001. Munich. Qualifications pour le Mondial. Un an après s'être incliné pour son ultime match dans le vieux Wembley (0-1), l'Angleterre prend une éclatante revanche. Malgré l'ouverture du score de Carsten Jancker, elle s'impose 5 à 1, avec un triplé de Michael Owen. Ce triomphe fut le sommet de la «génération dorée». Qui ne confirmera jamais... L'Allemagne est humiliée: «Après un match comme cela, il n'y a qu'une chose à faire: rentrer chez soi et descendre les volets», reconnaît Christian Wörns.

On se décharge de toute pression

Le sélectionneur-adjoint de l'équipe d'Allemagne Hansi Flick a estimé jeudi que l'Angleterre avec son expérience et ses grands noms, était la favorite du 8e de finale qui opposera les deux équipes dimanche à Bloemfontein. «L'Angleterre est l'une des candidates au titre mondial, elle a dans son effectif des grands noms du football et elle a à mes yeux le statut de favori contre nous», a déclaré Flick au lendemain de la victoire de l'Allemagne face au Ghana (1-0).

«Lors des premiers matches du tournoi, les Anglais n'ont pas été convaincants, mais ils ont l'expérience nécessaire pour hausser leur niveau, d'autant que la pression sera désormais moins forte pour eux. Ils devaient absolument atteindre les 8e de finale», a-t-il estimé.

«L'Angleterre a beaucoup progressé d'un point de vue tactique grâce à Capello et peut faire la différence dans un match à tout moment grâce à ses individualités, comme Rooney», a prévenu Flick.

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