Présidentielle en France: L'anniversaire de François Fillon vire au cauchemar
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Présidentielle en FranceL'anniversaire de François Fillon vire au cauchemar

Le candidat de la droite a fêté ses 63 ans en tenant un meeting devant une salle à moitié vide. Et ce n'est pas la seule péripétie d'une journée qu'il voudra sans doute vite oublier.

par
cga avec agences

Samedi, François Fillon fêtait ses 63 ans. Mais la journée du candidat de la droite à la présidentielle française a ressemblé à un long calvaire: Le «plan b» Juppé a fait savoir qu'il ne se «défilerait pas» et l'annonce, durant son discours, de la convocation dès lundi du comité politique des Républicains, réunion prévue initialement mardi, a jeté une ombre de mauvais augure sur la suite des événements.

Et comme le sort s'acharne vraiment samedi, on a aussi appris que son manoir sarthois avait été fouillé par les enquêteurs. Heureusement, Twitter a pleins d'idées de cadeau pour lui remonter le moral.

- Meeting dans une salle à moitié vide

Assiégé de toutes parts, le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon a exhorté samedi ses partisans à ne pas se laisser «intimider», passant outre une cascade de défections et les appels à son retrait. «Cette campagne est un étrange combat», a reconnu M. Fillon, les traits tirés, devant une salle à moitié pleine en région parisienne. «On veut vous intimider. N'abdiquez pas, ne renoncez jamais», a-t-il lancé, en rappelant les grandes lignes de son programme: baisses d'impôts et fin de la semaine de 35 heures.

Pour tromper une «étrange» pesanteur, des militants ont entonné «Joyeux anniversaire François!» lorsque François Fillon est monté à la tribune. «J'en ai connu des meilleurs et j'en connaîtrai des meilleurs», a lancé avec un pâle sourire le député de Paris, qui fêtait ses 63 ans.

Casseroles pour Fillon à Nîmes
Fillon au Salon de l'agriculture

Au sein de la droite, les défections s'enchaînent depuis l'annonce mercredi par le candidat de sa probable inculpation le 15 mars dans l'affaire des emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants. Avant sa prise de parole, le chef de file des sénateurs LR avait dénoncé un «lynchage» de François Fillon et une «lapidation médiatique». L'ex-Premier ministre n'a «jamais été le candidat de la société politico-médiatique», il subit aujourd'hui «injures et insultes», a argumenté Bruno Retailleau devant plus d'un millier de personnes, selon un décompte de l'AFP. «C'est un lynchage, un acharnement, qui n'a aucun précédent dans l'histoire de la Ve République, la lapidation médiatique est quotidienne. Ne soyez pas naïfs, (cela) vient à point, posez-vous les bonnes questions», a poursuivi le coordinateur de la campagne.

- La réunion avancée de son parti

Le parti Les Républicains a, par ailleurs, annoncé samedi la convocation de son comité politique lundi, 24 heures en avance, «pour évaluer la situation». Son candidat est de plus en plus poussé vers la sortie, mais veut rester dans la course à la présidentielle. Dans un communiqué publié en plein milieu d'un discours de François Fillon, LR a précisé que ce comité avait été convoqué par Bernard Accoyer, secrétaire général du parti, et Gérard Larcher, président du comité politique, tous deux très proches de l'ancien Premier ministre.

- Son manoir dans la Sarthe perquisitionné la veille

Et pour couronner le tout, une perquisition a été menée vendredi dans le manoir des Fillon dans la Sarthe (ouest), dans le cadre de l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs, a-t-on appris samedi. La perquisition au manoir de Beaucé «s'est terminée hier soir». Les enquêteurs avaient déjà perquisitionné jeudi au domicile du couple à Paris.

- Les drôles de cadeaux des internautes

Enfin 20minutes.fr a listé les idées de cadeaux que les internautes veulent offrir au candidat de la droite. Sur Twitter le hashtag #UnCadeauPourFillon a même été crée.

Juppé ne se «défilerait pas» si Fillon «se retire de lui-même»

Ces derniers jours, plusieurs personnalités de son camp ont appelé François Fillon à se retirer et à laisser sa place à Alain Juppé, maire de Bordeaux et ancien Premier ministre de Jacques Chirac.

Nettement battu par M. Fillon au second tour de la primaire de la droite et du centre en novembre dernier, M. Juppé, 71 ans, a fait savoir qu'il ne se «défilerait pas». Mais à condition que «François Fillon se retire de lui-même», et que son parti le soutienne unanimement.

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