Actualisé 07.03.2011 à 11:32

Propos explosifsL'apôtre des attentats suicides condamné

Larbi Guesmi, un réfugié politique tunisien établi dans le canton de Neuchâtel, a été condamné le 9 février par la justice pour son apologie des attentats suicides. Il a fait opposition.

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Réfugié en Suisse depuis 18 ans, Larbi Guesmi a fait l'apologie des ceintures d'explosifs dans un poème.

Réfugié en Suisse depuis 18 ans, Larbi Guesmi a fait l'apologie des ceintures d'explosifs dans un poème.

En septembre 2010, dans un poème en arabe, Larbi Guesmi, président de l'association Ez-Zeitouna qui défend les droits de l'Homme en Tunisie, légitimait l'utilisation des ceintures d'explosifs.

«Sellez les chevaux, et préparez ce que vous pouvez de matériel, de convictions, puis n'oubliez pas, n'oubliez pas, n'oubliez pas les ceintures sacrées, les ceintures des respectables, la ceinture explosive pour les gens qui nous agressent. Nous allons résister, cela fait partie de notre culte, nous allons résister, soit la victoire, soit la mort», écrivait-il sur le site d'opposition au régime de Ben Ali Alhiwar.net.

Provocation publique au crime ou à la violence

Ces propos, révélés par «24 Heures» le 30 décembre 2010, avaient notamment choqué les Jeunes UDC du Valais romand. Ceux-ci avaient demandé à Pierre Cornu, Procureur général du canton de Neuchâtel, d'ouvrir une instruction pénale contre Larbi Guesmi. Pour eux, les écrits du réfugié politique «sont très clairement constitutifs de provocation publique au crime ou à la violence, infraction réprimée par l'article 259 du Code pénal».

«M. Guesmi a été condamné par ordonnance pénale du 9 février 2011 pour infraction à l'article 259 al. 1 CP («Celui qui aura provoqué publiquement à un crime sera puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire»)», explique le Ministère public du canton de Neuchâtel. Il est condamné à 4500 francs (90 jours amendes à 50 francs) avec sursis et 300 francs de frais de procédure. Le Ministère précise que Larbi Guesmi a «fait opposition à ladite ordonnance pénale. Le dossier a été transmis au Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers en date du 24 février 2011».

Contacté par «20 minutes», Larbi Guesmi n'a pas souhaité commenter cette affaire et expliquer pourquoi il a fait opposition à cette décision de justice.

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