Football: L'apprentissage ultra rapide d'un jeune Genevois
Actualisé

FootballL'apprentissage ultra rapide d'un jeune Genevois

Il y a six mois, Denis Zakaria était sur le banc de Servette en Challenge League. Mardi soir, il a goûté à la Coupe d'Europe.

par
Robin Carrel
Berne
L'ancien joueur de Servette, tout à gauche, assiste au duel entre Steve von Bergen et Guido Carrillo. Il est dans la cour des grands.

L'ancien joueur de Servette, tout à gauche, assiste au duel entre Steve von Bergen et Guido Carrillo. Il est dans la cour des grands.

On aurait adoré parler d'une première réussie. D'une entrée en jeu tonitruante du milieu de 18 ans – 341 minutes de jeu en 2e division avec Servette en tout et pour tout, avant la partie de mardi -, qui aurait permis à son équipe de passer l'épaule face à l'AS Monaco, au 3e tour aller des qualifications à la Champions League. Mais voilà, en football, il n'y a pas que des contes de fées. Le jeu de ballon, c'est comme dans la vraie vie, il n'y a pas toujours de fins heureuses.

Denis Zakaria est entré à l'heure de jeu et l'équipe monégasque a inscrit trois buts dans les quinze minutes qui ont suivi. «Il faut être bon pendant 90 minutes et il nous a manqué un quart d'heure», a analysé le capitaine bernois Steve von Bergen, à la fin de cette partie perdu 1-3 et qui a quasiment définitivement enterré les espoirs du 2e de la dernière Super League. Le défenseur international s'est montré très lucide. Sa formation compte 10 éléments de 21 ans ou moins et cela se paie cher face aux cadors européens.

«On a appris»

Le Neuchâtelois a toutefois trouvé quelques circonstances atténuantes à ses jeunes coéquipiers: «On a eu deux blessés et ce n'est pas facile d'entrer dans un match comme ça. On a fait rentrer Zakaria, un jeune de 18 ans, dont c'était le premier match à ce niveau. On est contents pour lui, mais quand on joue avec des nouveaux éléments qui n'ont pas encore l'expérience... Ils sont là pour apprendre et, aujourd'hui (ndlr: mardi), on a appris.»

L'ancien Servettien, lui, avait des sentiments mitigés au terme de la rencontre. «C'est sûr, c'est une première difficile, a-t-il assuré dans les couloirs du Stade de Suisse. Ma progression est assez exceptionnelle. Il y a encore quelques mois, j'étais sur le banc en Challenge League et, maintenant, j'ai eu la chance de faire mon entrée en Coupe d'Europe. Mais on a toujours envie de gagner et je suis quand même un peu déçu de ce match.»

«Fort dans la tête»

L'international M19 aux origines congolaises a tout du footballeur moderne. Il mesure plus de 1m90 et a une technique déjà plus qu'intéressante. Mais mardi soir, il a pu toucher du doigt les progrès qu'il a encore à faire pour aller plus haut: «C'est sûr, c'est au terme de matches comme ceux-là que je vois les points à travailler. Je dois vraiment progresser dans beaucoup de domaines. Je vais bosser dur pour pouvoir être encore plus fort.»

Le jeune homme a la tête sur les épaules. Mieux, il assure être parfaitement accompagné par sa famille dans cette période charnière de sa carrière, où tout s'est accéléré et est devenu plus grand en très peu de temps. «C'est dur à vivre un tel changement, a-t-il soufflé. Mais je suis fort dans la tête et je travaille, travaille, travaille pour devenir meilleur. C'est pour ça que je suis venu ici et Young Boys, franchement, est l'endroit parfait pour ça.»

Du côté de la capitale, on croit dur comme fer au talent du jeune Genevois. «Ma première impression à propos de lui est très positive», disait Christoph Spycher à la Berner Zeitung peu avant le début de saison. «Il a déjà surpris et convaincu tout le monde», avait ajouté le «talent manager» des Young Boys. Reste à confirmer sur la durée, l'autre clé de la réussite.

Ton opinion