BCGE en 2008: L'argent frais a afflué
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BCGE en 2008L'argent frais a afflué

On s'est bousculé aux guichets de la Banque cantonale de Genève (BCGE) en 2008.

La Banque cantonale de Genève (BCGE) n'a pas trop souffert du contexte boursier et économique difficile l'an passé. Les coûts engendrés par la modernisation informatique et la logistique de la banque ont toutefois pesé sur les résultats. En une année, l'établissement a enregistré l'arrivée de 12 600 nouveaux clients, a fait savoir mercredi son président directeur général Blaise Goetschin.

La tendance se poursuit pour les premiers mois de 2009. «Nous continuons à accueillir des clients et l'épargne augmente», a noté M. Goetschin. Cette forte croissance des affaires de la BCGE est en partie liée à une redistribution des cartes sur le marché bancaire, dont profitent les enseignes de taille moyenne.

1,2 milliard d'argent frais

Elle est aussi et surtout le résultat «de notre force endogène», a affirmé M. Goetschin. L'afflux d'argent frais s'est chiffré à 1,2 milliard de francs, sous forme d'épargne, de comptes courants et d'obligations de caisse, ainsi qu'en gestion de fortune. La banque gère et a aujourd'hui sous dépôts quelque 16,7 milliards.

L'an dernier, malgré la crise financière «la plus forte de ces 70 dernières années», la BCGE est parvenue à limiter la casse. «Nos résultats sont plutôt dans la partie haute des banques cantonales», s'est réjoui M. Goetschin. Une performance acceptable que le patron de la banque attribue à une politique prudente menée depuis 2001.

Contraction des résultats

«Notre gestion s'est trouvée à l'écart des grands produits destructeurs de valeur», a souligné Michel Mattacchini, président du conseil d'administration de la BCGE. En 2008, le bénéfice net de la BCGE a reculé de 11,7 % à 68,12 millions de francs et le bénéfice brut de 9,7 % à 101,1 millions.

Les produits d'exploitation n'ont régressé que de 1 % à 318,64 millions de francs. Le résultat des opérations d'intérêts a atteint 213 millions, en hausse de 5,8 %. Le produit des commissions a légèrement reculé par rapport à 2007, pour s'élever à 93 millions.

Les prêts hypothécaires restent une des activités phare de la banque. L'an dernier, ils ont augmenté de 6,2 % pour atteindre un total de 6,8 milliards de francs. Actuellement, la BCGE détient un peu plus de 25 % du marché hypothécaire genevois. Elle souhaiterait à terme s'arroger un tiers du gâteau.

Le retour des provisions

Les coûts engendrés par la modernisation informatique et la logistique de la banque ont pesé sur les résultats de l'exercice 2008. Les difficultés économiques ont également conduit la banque à doter le poste correctif de valeurs, provisions et pertes de 25,1 millions de francs, alors qu'il était nul en 2007 et 2006.

La banque se prémunit ainsi contre un léger accroissement du risque conjoncturel. En 2009, la BCGE continuera d'agir avec prudence. «Nous allons surveiller le marché immobilier», a souligné son PDG. L'établissement devra faire de son mieux avec des taux d'intérêt «très très bas». (ats)

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