Actualisé 02.12.2018 à 06:07

BrésilL'armée accusée de torture dans une favela

Le parquet brésilien enquête sur les agissements de l'armée lors d'une intervention dans une favela de Rio de Janeiro.

L'armée gère la sécurité dans les favelas de Rio depuis février.

L'armée gère la sécurité dans les favelas de Rio depuis février.

AFP

Le parquet brésilien a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête sur des faits présumés de torture commis par des militaires dans une favela à Rio de Janeiro, où l'armée est aux commandes des opérations de sécurité depuis février.

Les actes de torture auraient été commis lors d'une incursion des forces de l'ordre le 20 août dernier, dans la favela Caixa d'Agua, au nord de Rio. L'opération s'est soldée par l'interpellation de sept adultes et un mineur. Ces personnes «auraient subi des agressions physiques de la part des militaires, qui consisteraient en des actes de torture», précise le parquet dans un communiqué. Les victimes présumées seront entendues par les autorités «dès la première semaine de décembre» pour «établir la véracité» des accusations.

Les chiffres de l'Institut de Sécurité Publique de Rio montrent que 1151 personnes ont été tuées lors d'incursions des forces de l'ordre de février à octobre, les neuf premiers mois d'intervention de l'armée à Rio, une hausse de plus de 40% par rapport à la même période de l'année dernière. Plusieurs dénonciations de viols ont par ailleurs été recensées dans un rapport officiel datant du mois d'octobre.

Le président de centre droit Michel Temer avait confié par décret le commandement des forces de sécurité de l'Etat de Rio à l'armée le 16 février, considérant que les autorités locales n'étaient pas en mesure de faire face à l'escalade de la violence. Depuis le 31 juillet 2017, des renforts militaires avaient déjà été envoyés à Rio, dans le cadre d'un autre décret intitulé Garantie de la Loi et de l'Ordre (AGLO), qui permet de déployer les troupes pour des missions ponctuelles.

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«Garanties juridiques» aux forces de l'ordre

Vendredi, le président élu d'extrême droite Jair Bolsonaro a assuré qu'il ne renouvellerait pas le décret d'intervention fédérale qui octroie le commandement des forces de sécurité aux militaires, mais que l'AGLO pourrait être maintenue.

Il a réitéré par ailleurs son intention de munir de «garanties juridiques» les membres de forces de l'ordre pour éviter qu'ils ne soient poursuivis en cas d'usage de leur arme en service. «Je ne peux pas permettre qu'un membre de l'armée ou un policier soit poursuivi après avoir rempli sa mission», a expliqué l'ancien capitaine de l'armée, en marge d'une cérémonie de l'armée de l'Air à Guaratingueta, dans l'Etat de Sao Paulo (sud-est).

En fait, si Jair Bolsonaro ne souhaite pas maintenir le décret de Temer qui place l'armée à la tête des opérations de sécurité, c'est qu'il veut lancer l'importante réforme des retraites. Celle-ci est jugée cruciale par les marchés pour résorber la dette abyssale du Brésil et devrait être ultra-prioritaire dès l'installation de son gouvernement. Mais pour voter cette réforme des retraites, un amendement à la Constitution est nécessaire. Or aucun amendement ne peut être approuvé par le Parlement tant qu'a lieu une intervention fédérale à Rio de Janeiro. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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